Le réseau .fm
Immobilier.fm La fréquence
de l'immobilier
Défiscalisation immobilière

Immobilier : les dons aux enfants et petits-enfants bénéficient d’une exonération fiscale temporaire

Du 15 février 2025 au 31 décembre 2026, un don d’argent destiné à acheter un logement neuf ou à rénover énergétiquement une résidence principale peut être exonéré de droits, dans la limite de 100 000 € par donateur et 300 000 € par bénéficiaire.

Famille et notaire préparant un don d’argent destiné à financer l’achat d’un logement neuf.
Famille et notaire préparant un don d’argent destiné à financer l’achat d’un logement neuf.

La loi de finances pour 2025 instaure une exonération temporaire de droits de donation pour les sommes d’argent données afin de soutenir un projet immobilier. Le régime concerne les versements réalisés du 15 février 2025 au 31 décembre 2026. Il ne porte pas sur la transmission d’un appartement ou d’une maison déjà détenus : le don doit prendre la forme d’argent, ensuite employé dans un délai précis.

L’argent reçu doit financer l’acquisition d’un logement neuf, d’un logement vendu en état futur d’achèvement, ou des travaux de rénovation énergétique dans la résidence principale du bénéficiaire. Le mécanisme peut aussi servir à constituer un apport pour un achat locatif, mais seulement si le logement est loué comme résidence principale pendant la durée imposée. Les conditions d’affectation et de conservation sont déterminantes : un don exonéré mal employé peut être repris par l’administration.

En quoi consiste l’exonération temporaire pour un projet immobilier ?

Prévu par l’article 790 A bis du Code général des impôts, ce régime exonère de droits de mutation à titre gratuit certains dons de sommes d’argent. Il s’ajoute, sous conditions, aux abattements usuels entre proches. Son objectif est ciblé : orienter une épargne familiale vers le logement neuf et la rénovation énergétique, plutôt que d’exonérer indistinctement toutes les transmissions de liquidités.

Le donateur peut faire un virement, remettre un chèque ou réaliser un don manuel traçable. L’intervention d’un notaire n’est pas systématiquement obligatoire pour donner de l’argent, mais elle est souvent pertinente dès lors que les montants sont élevés, que plusieurs membres de la famille interviennent ou qu’un achat immobilier est imminent. L’acte permet de fixer l’origine des fonds, leur date de versement, l’identité du bénéficiaire et leur affectation au dispositif temporaire.

Qui peut donner et qui peut recevoir les fonds exonérés ?

Les bénéficiaires éligibles sont les enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants du donateur. En l’absence de descendants, le dispositif peut profiter à un neveu ou une nièce. Contrairement au don familial de sommes d’argent de droit commun, qui requiert notamment que le bénéficiaire soit majeur ou émancipé, l’exonération temporaire n’est pas présentée comme soumise à une condition d’âge du donataire. Pour un mineur, les règles de représentation légale et la cohérence du projet doivent toutefois être examinées avec le notaire.

Chaque relation donateur-donataire ouvre un plafond de 100 000 €. Ainsi, un parent peut verser jusqu’à 100 000 € à chacun de ses enfants dans ce cadre, si chacun respecte les conditions d’emploi. En revanche, un même enfant ne peut pas recevoir plus de 300 000 € exonérés au titre de ce régime, même si les fonds proviennent de plusieurs parents ou grands-parents. Le surplus n’est pas nécessairement taxable : il peut relever des abattements ordinaires encore disponibles, mais il doit être traité séparément.

Les principaux plafonds à distinguer dans une transmission familiale
MécanismeBénéficiairePlafond indicatifCondition de temps
Exonération temporaire immobilièreDescendant, ou neveu/nièce à défaut100 000 € par donateur ; 300 000 € par bénéficiaireDons jusqu’au 31 décembre 2026
Abattement parent-enfantEnfant100 000 €Renouvelable tous les 15 ans
Abattement grand-parent/petit-enfantPetit-enfant31 865 €Renouvelable tous les 15 ans
Don familial de sommes d’argentDescendant majeur, sous conditions31 865 €Donateur de moins de 80 ans ; tous les 15 ans

Les abattements et seuils de droit commun doivent être vérifiés à la date de la donation, notamment lorsque la famille a déjà procédé à des avances, donations-partages ou dons manuels. Le cumul est possible en principe lorsque chaque régime remplit ses propres conditions, mais une ventilation rigoureuse des sommes est indispensable. Il ne suffit pas de qualifier globalement un virement de « don exonéré ».

Quels achats et travaux peuvent être financés par le don ?

Le premier emploi admis est l’acquisition d’un logement neuf ou d’un logement en VEFA, c’est-à-dire vendu en état futur d’achèvement. Un logement ancien, même récemment rénové, n’entre pas dans le champ sur ce seul fondement. Le texte ne vise pas non plus, en tant que tel, l’achat d’un terrain à bâtir ou la transmission d’un bien existant : avant de signer, il faut faire qualifier juridiquement l’opération par le notaire.

Le second emploi concerne les dépenses de travaux de rénovation énergétique éligibles à MaPrimeRénov’, réalisées dans la résidence principale dont le bénéficiaire est propriétaire. L’éligibilité technique des travaux ne garantit pas, à elle seule, le bénéfice du dispositif : devis, factures, dates de paiement, qualification des entreprises et situation du logement doivent être cohérents. Les dépenses ayant déjà bénéficié de MaPrimeRénov’ ne doivent pas être financées une seconde fois par des fonds appelant l’exonération ; le plan de financement doit donc séparer clairement les postes et les aides.

Deux usages possibles, deux contraintes patrimoniales

Acheter un logement neuf ou en VEFA

Un achat pour habiter ou louer
  • Acquisition à réaliser dans les six mois du don.
  • Résidence principale du bénéficiaire possible.
  • Location admise si le locataire en fait sa résidence principale.
  • Conservation ou location à respecter pendant cinq ans.

Rénover sa résidence principale

Des travaux énergétiques éligibles
  • Le bénéficiaire doit être propriétaire de sa résidence principale.
  • Les fonds doivent être affectés aux travaux dans les six mois.
  • Les dépenses aidées par MaPrimeRénov’ sont à isoler.
  • Le logement doit rester la résidence principale pendant cinq ans.

Comment appliquer les plafonds de 100 000 € et 300 000 € ?

Le plafond de 100 000 € se lit par couple donateur-bénéficiaire. Un père peut donner 100 000 € à sa fille et une mère lui donner 100 000 € supplémentaires : les deux versements peuvent relever du régime, sous réserve que le projet et le calendrier soient respectés. Un grand-parent pourrait compléter, mais la bénéficiaire ne pourra pas dépasser 300 000 € au total dans cette exonération temporaire.

Cette limite de 300 000 € est attachée à la personne qui reçoit, et non au logement. Elle impose de coordonner les dons familiaux avant les virements. Si un enfant reçoit 100 000 € d’un parent pour une VEFA puis 100 000 € d’un autre parent pour ses travaux ultérieurs, les deux opérations entrent potentiellement dans l’enveloppe, à condition de satisfaire séparément aux obligations. Si les fonds servent à un unique achat, le notaire peut organiser leur emploi dans l’acte de vente et documenter les apports.

Exemple de répartition pour un même bénéficiaire
DonateurMontant verséPart exonérée temporairePlafond restant
Parent 1100 000 €100 000 €200 000 €
Parent 2100 000 €100 000 €100 000 €
Grand-parent100 000 €100 000 €0 €
Autre proche30 000 €0 € dans ce régimeÀ traiter selon le droit commun

Les donations habituelles ne disparaissent donc pas. Un parent peut notamment mobiliser son abattement de 100 000 € par enfant, renouvelable tous les quinze ans, en complément de l’exonération temporaire, si son historique de donations le permet. Cette combinaison peut financer une part substantielle d’un apport ou du prix d’un logement, mais elle modifie l’équilibre entre héritiers. Une donation-partage est à envisager lorsqu’il faut préserver l’égalité familiale et figer les valeurs transmises.

Quelles démarches suivre pour ne pas perdre l’avantage fiscal ?

La méthode à suivre avant et après le versement

  1. Vérifiez l’éligibilité du projet

    Faites confirmer la nature neuve du logement ou l’éligibilité des travaux de rénovation énergétique. Calculez la date limite d’emploi à partir du jour exact du virement.

  2. Répartissez les plafonds familiaux

    Listez les donateurs, les montants et les donations déjà consenties. Contrôlez le plafond de 100 000 € par binôme et celui de 300 000 € pour le bénéficiaire.

  3. Formalisez et tracez le don

    Privilégiez le virement bancaire et conservez un écrit précisant le montant, le bénéficiaire et l’intention d’affecter les fonds au régime temporaire. Le notaire est recommandé pour les opérations complexes.

  4. Affectez l’argent dans les six mois

    Gardez les appels de fonds VEFA, l’acte d’achat, les relevés bancaires, les devis acceptés, les factures et les justificatifs de paiement. Évitez les mélanges de fonds impossibles à reconstituer.

  5. Déclarez le don et respectez l’engagement

    Le don doit être déclaré à l’administration fiscale, même lorsqu’aucun droit n’est dû. Vérifiez à la date de lecture le téléservice, les formulaires et pièces exigés par l’administration.

Quelles obligations s’appliquent pendant les cinq années suivantes ?

Après l’acquisition, le logement doit être conservé pendant cinq ans par le bénéficiaire. Il doit constituer sa résidence principale ou être mis en location à usage de résidence principale du locataire. Le dispositif ne convient donc pas à une revente rapide, à une résidence secondaire, à une location touristique ou à un logement laissé vacant par convenance. En cas de location, un bail conclu avec un membre du foyer fiscal du bénéficiaire ne répond pas à l’objectif du régime.

Pour des travaux, la résidence rénovée doit demeurer la résidence principale du bénéficiaire pendant cinq ans à compter de leur achèvement, selon les modalités prévues par le texte. Un déménagement, une vente ou un changement d’usage intervenant avant l’échéance doit être examiné sans attendre : certaines situations subies peuvent appeler une analyse spécifique, mais il serait imprudent de présumer une tolérance sans texte ou doctrine administrative applicable.

La documentation doit être conservée au-delà de la seule signature : preuve du versement, déclaration fiscale, acte authentique, contrat de réservation, factures, attestations d’occupation, baux et avis d’imposition peuvent être utiles. Avant toute donation importante, le trio notaire, banque et, si nécessaire, conseiller fiscal permet de vérifier l’articulation avec le crédit immobilier, les autres donations et la succession future. Les modalités déclaratives et la doctrine fiscale doivent toujours être contrôlées à la date de l’opération.

Questions fréquentes

Puis-je utiliser ce don exonéré pour acheter un appartement ancien ?
Non, pas au titre de l’acquisition immobilière visée par ce régime temporaire. Le dispositif concerne l’achat d’un logement neuf ou en VEFA. Un appartement ancien peut en revanche être concerné si les sommes financent des travaux de rénovation énergétique éligibles dans la résidence principale du bénéficiaire et si toutes les autres conditions sont réunies.
Un parent peut-il donner 100 000 € à chacun de ses enfants ?
Oui. Le plafond de 100 000 € s’applique entre un même donateur et un même bénéficiaire. Un parent ayant plusieurs enfants peut donc, en principe, donner jusqu’à 100 000 € à chacun dans le cadre temporaire. Chaque enfant doit toutefois respecter son propre plafond global de 300 000 € et affecter les fonds à un projet éligible.
Peut-on cumuler ce dispositif avec l’abattement de 100 000 € entre parent et enfant ?
Oui, le cumul avec les abattements de droit commun est possible en principe, à condition que chaque régime soit correctement appliqué. L’abattement parent-enfant est de 100 000 € et se renouvelle normalement tous les quinze ans. Il faut tenir compte des donations antérieures et distinguer précisément les sommes utilisées pour chaque mécanisme.
Le logement acheté grâce au don peut-il être mis en location ?
Oui, le logement neuf ou acquis en VEFA peut être loué, mais le locataire doit en faire sa résidence principale. Le bien doit rester détenu et affecté à cette location pendant cinq ans. Une location saisonnière, une résidence secondaire ou une mise à disposition à un membre du foyer fiscal du bénéficiaire ne permettent pas de satisfaire cette condition.
Faut-il obligatoirement passer par un notaire pour faire ce don ?
Un don d’argent peut être réalisé sans acte notarié, notamment par virement bancaire, mais il doit être déclaré à l’administration fiscale. Pour un projet immobilier, le notaire apporte une sécurité utile : il contrôle les plafonds, formalise l’origine et l’emploi des fonds, et peut coordonner le don avec l’acte d’achat, une donation-partage ou le financement bancaire.
L'infolettre

Le marché immobilier, décrypté chaque semaine

Une sélection courte : ce qui bouge sur les prix et les taux, les échéances réglementaires à ne pas manquer, et l'analyse qui vaut le détour.

Gratuit, un envoi par semaine, désinscription en un clic. Votre adresse ne sert qu'à cet envoi.