Le 1er janvier 2025 marque une bascule concrète pour le parc résidentiel : un logement classé G au DPE est désormais considéré comme non décent pour une nouvelle location à usage de résidence principale en France métropolitaine. Cette règle s’ajoute au gel des loyers déjà applicable aux logements F et G. Elle ne résilie pas les baux en cours, mais elle interdit au bailleur de conclure un nouveau bail, de renouveler le contrat ou de laisser intervenir sa reconduction tacite sans avoir traité la situation énergétique du bien.
La même date change aussi les règles de vente des maisons énergivores : l’audit énergétique réglementaire doit accompagner le dossier des biens classés E, F ou G lorsqu’il s’agit d’une maison individuelle ou d’un immeuble détenu par un seul propriétaire. Enfin, le 31 décembre 2024 a fermé l’accès au Pinel pour les nouvelles acquisitions éligibles. Les investisseurs qui détiennent déjà un logement Pinel doivent, eux, continuer à respecter les conditions de location ayant ouvert droit à la réduction d’impôt.
Ces trois sujets ne se traitent pas de la même façon. Le DPE détermine la possibilité de louer et l’information donnée à l’acquéreur ; l’audit éclaire une vente sans imposer de travaux au vendeur ; le Pinel relève d’une date d’acquisition et d’engagements fiscaux précis. Avant de décider de vendre, rénover ou remettre un bien sur le marché locatif, il faut donc qualifier exactement le bien, son étiquette énergétique, son mode de détention et son calendrier.
Quels logements ne peuvent plus être loués avec un DPE G ?
Depuis le 1er janvier 2025, tout logement classé G est exclu du marché de la location à titre de résidence principale lorsqu’un nouveau bail est signé, renouvelé ou reconduit tacitement. Cette exigence de décence concerne notamment les locations nues et meublées soumises à la loi du 6 juillet 1989. Elle va plus loin que l’interdiction déjà en vigueur depuis 2023 pour les logements dont la consommation dépasse 450 kWh d’énergie finale par m² et par an, souvent appelés « G+ ».
Le bail en cours n’est pas annulé automatiquement. En revanche, le locataire peut demander au bailleur de réaliser les travaux nécessaires afin d’atteindre le niveau de décence. À défaut d’accord, le juge peut ordonner des travaux, réduire ou suspendre le loyer jusqu’à leur exécution. Lorsqu’une aide au logement est versée, la caisse compétente peut également conserver son versement au propriétaire tant que le logement n’est pas mis en conformité. Le risque est donc à la fois locatif, financier et patrimonial.
| Date | Situation concernée | Niveau minimal | Conséquence principale |
|---|---|---|---|
| Depuis 2023 | Nouveau bail | Moins de 450 kWh EF/m²/an | Les logements les plus énergivores sont exclus |
| 1er janvier 2025 | Nouveau bail, renouvellement ou reconduction | Classe A à F | Tous les logements G sont non décents |
| 1er janvier 2028 | Location | Classe A à E | Les logements F seront non décents |
| 1er janvier 2034 | Location | Classe A à D | Les logements E seront non décents |
Les locations saisonnières ne relèvent pas du même régime de décence locative que les résidences principales. Elles font toutefois l’objet de règles locales et nationales spécifiques, notamment dans les communes qui encadrent le changement d’usage. Il serait risqué de considérer un meublé de tourisme comme une solution durable de contournement : la qualification réelle de l’occupation, le règlement de copropriété et les autorisations municipales doivent être vérifiés.
Pourquoi un audit énergétique devient-il obligatoire pour vendre un bien classé E ?
Le DPE reste obligatoire pour la vente, mais il ne suffit plus pour certains biens. Depuis le 1er janvier 2025, la vente d’une maison individuelle ou d’un immeuble entier détenu par un propriétaire unique, classé E, F ou G, doit être accompagnée d’un audit énergétique réglementaire. Les biens G et F y étaient déjà soumis ; l’extension aux logements E est la nouveauté de 2025. Cette obligation concerne la France métropolitaine.
L’audit doit être remis à l’acquéreur potentiel dès la première visite, avec les autres diagnostics du dossier de diagnostic technique. Il propose des parcours de travaux cohérents, par étapes ou en une seule intervention, pour améliorer la performance du logement. Il indique notamment les gains de classes énergétiques attendus, les postes de travaux, une estimation de leur coût et les aides mobilisables selon les règles en vigueur. Il ne constitue pas une obligation de rénover avant de signer l’acte.
DPE et audit énergétique : deux documents, deux fonctions
Le DPE
- Indique une étiquette de A à G et les émissions de gaz à effet de serre.
- Est requis pour vendre ou louer, sous réserve des cas prévus par la loi.
- Informe sur la consommation conventionnelle du bien.
- Ne fournit pas nécessairement un scénario complet de rénovation.
L’audit énergétique
- S’impose à la vente des maisons et monopropriétés E, F ou G.
- Présente des scénarios chiffrés de rénovation et des gains attendus.
- Est remis dès la première visite au candidat acquéreur.
- N’oblige pas le vendeur à réaliser lui-même les travaux.
Un appartement situé dans une copropriété n’est, en principe, pas concerné par cet audit de vente, même si son DPE est E, F ou G. Il doit néanmoins disposer d’un DPE valide. L’acquéreur doit aussi examiner le DPE collectif, le projet de plan pluriannuel de travaux, les procès-verbaux d’assemblée générale et les appels de fonds : la valeur réelle du bien dépendra souvent de ces éléments autant que de l’étiquette de l’appartement.
Votre DPE est-il encore valable en 2025 ?
Les DPE réalisés entre le 1er janvier 2018 et le 30 juin 2021 ne sont plus valables depuis le 1er janvier 2025. Un propriétaire qui s’appuierait sur l’un de ces diagnostics pour publier une annonce, signer un bail ou vendre s’expose à un dossier incomplet et à un report de son projet. Un DPE établi depuis le 1er juillet 2021 est, en principe, valable dix ans, sauf modification substantielle du logement ou de ses équipements qui justifie d’en refaire un.
Les propriétaires de petites surfaces ont un point de contrôle supplémentaire. La méthode de calcul a été ajustée en 2024 pour les logements de moins de 40 m², qui étaient plus fréquemment pénalisés par le poids forfaitaire de l’eau chaude sanitaire. Certains DPE établis depuis le 1er juillet 2021 peuvent faire l’objet d’une attestation de nouvelle étiquette via le service officiel prévu à cet effet. Avant d’engager des travaux coûteux ou de retirer une annonce, vérifiez si cette correction est applicable à votre diagnostic.
Quels travaux et quelles aides privilégier pour sortir d’une passoire thermique ?
Une rénovation efficace ne consiste pas à additionner des gestes isolés. Le bon ordre dépend de la construction, de la ventilation et du système de chauffage, mais l’approche la plus robuste commence souvent par l’enveloppe : toiture ou combles, murs, planchers bas, fenêtres lorsqu’elles sont réellement déperditives. Elle se poursuit par une ventilation maîtrisée, puis par un chauffage et une production d’eau chaude adaptés aux besoins après isolation. Installer un équipement puissant dans un logement mal isolé peut maintenir des charges élevées et créer des problèmes de confort ou d’humidité.
En 2025, les aides à la rénovation restent conditionnées à des critères techniques, de revenus, de logement et de qualification des entreprises. MaPrimeRénov’ distingue les travaux par geste et le parcours accompagné pour les rénovations d’ampleur. Le DPE demeure dispensé pour le parcours par geste jusqu’au 31 décembre 2025, selon les règles alors applicables, mais les dossiers de rénovation globale exigent une préparation plus complète, incluant notamment un audit énergétique et l’accompagnement prévu. Les forfaits relatifs aux équipements de chauffage au bois ont été revus à la baisse en 2025 : vérifiez les montants avant de signer.
L’éco-prêt à taux zéro peut financer un bouquet de travaux ou une rénovation performante, dans la limite des plafonds applicables, qui peuvent atteindre 50 000 € pour certains projets de performance globale. Les certificats d’économies d’énergie peuvent compléter les aides, et la TVA à 5,5 % s’applique, sous conditions, à de nombreux travaux d’amélioration énergétique dans les logements achevés depuis plus de deux ans. Les règles et barèmes évoluent : demandez une simulation actualisée avant tout engagement.
La fin du Pinel signifie-t-elle la fin de toute réduction d’impôt ?
Le dispositif Pinel n’est plus ouvert aux investissements nouveaux acquis à compter du 1er janvier 2025. Pour bénéficier du régime, l’acquisition devait donc être réalisée au plus tard le 31 décembre 2024, ce qui renvoie en pratique à la signature de l’acte authentique, et non à une simple réservation en VEFA. Les acquisitions sécurisées avant cette échéance conservent leur régime, à condition de respecter toutes les obligations : localisation éligible, plafonds de loyers et de ressources du locataire, durée de location et délais de mise en location.
Pour les investisseurs déjà engagés, la réduction d’impôt dépend du dispositif et du millésime applicables à l’acquisition. La location doit normalement intervenir dans les douze mois suivant l’achèvement du logement ou son acquisition si elle est postérieure. Une vacance prolongée, une location à un proche hors conditions, un dépassement de plafond ou une vente anticipée peut remettre en cause l’avantage. Les taux réduits du Pinel classique des dernières années et les taux majorés du Pinel+ ne doivent pas être confondus.
La disparition du Pinel ne fait pas émerger un substitut universel. Le Denormandie, sous conditions, peut rester pertinent dans certains centres-villes éligibles pour un projet ancien avec rénovation importante ; les travaux doivent notamment représenter au moins 25 % du coût total de l’opération. La location nue au réel, le meublé ou l’investissement en pierre-papier répondent à d’autres logiques fiscales, patrimoniales et de risque. Le choix doit partir du rendement net, de la liquidité, de la qualité du marché local et de votre taux d’imposition, pas du seul avantage fiscal annoncé.
Comment préparer une vente ou une remise en location en 2025 ?
La méthode pour éviter un blocage réglementaire ou fiscal
Vérifiez le statut exact du logement
Contrôlez la date, la classe et la surface du DPE, puis déterminez si le bien est loué, vacant, en copropriété ou détenu en monopropriété. Pour une petite surface, vérifiez l’éventuelle attestation de correction.
Distinguez l’obligation immédiate du projet de travaux
Un G à remettre en location nécessite une amélioration de classe. Une maison E mise en vente nécessite un audit, sans imposer de travaux au vendeur. Ne confondez pas ces deux situations.
Faites chiffrer un parcours techniquement cohérent
Demandez des devis comparables et, lorsque le projet est lourd, un audit ou un accompagnement adapté. En copropriété, inscrivez sans délai les sujets relevant des parties communes à l’ordre du jour.
Sécurisez les aides avant de commencer
Vérifiez l’éligibilité, les plafonds et les exigences RGE à la date de dépôt. Sauf exception prévue par le dispositif, ne démarrez pas les travaux avant l’accord ou le dépôt requis.
Constituez un dossier de preuves
Archivez diagnostics, audit, devis, factures, attestations d’assurance, certificats RGE et décisions d’aide. Ces pièces servent à louer, vendre, justifier une dépense fiscale ou répondre à une contestation.
Questions fréquentes sur les règles immobilières de 2025
Puis-je encore louer un appartement classé G en 2025 ?
Dois-je faire un audit énergétique pour vendre mon appartement classé F ?
Un compromis ou une réservation Pinel signé en 2024 permet-il de garder l’avantage fiscal ?
Mon DPE établi en 2020 est-il utilisable pour relouer ou vendre en 2025 ?
Faut-il un DPE pour obtenir MaPrimeRénov’ en 2025 ?
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