La hausse annoncée des « frais de notaire » concerne en réalité les droits de mutation à titre onéreux (DMTO), ces taxes que le notaire encaisse pour le compte des collectivités lors d’une vente. La loi de finances pour 2025 autorise les départements à relever temporairement leur taux maximal de 4,5 % à 5 % pour les acquisitions de logements anciens. Cette faculté s’ouvre sur la période allant du 1er avril 2025 au 31 mars 2028.
Vous n’êtes donc pas automatiquement concerné. Le conseil départemental doit voter la hausse et en fixer l’entrée en vigueur selon les règles applicables à ses délibérations fiscales. Deux acheteurs d’un bien identique au même prix peuvent ainsi supporter des montants différents selon le département où se situe le logement et la date de l’acte définitif.
Si la majoration est appliquée, l’effet est simple : comptez environ 0,5 % du prix d’achat en plus dans l’ancien, soit près de 1 500 € sur 300 000 €. L’exemption prévue pour les primo-accédants achetant leur résidence principale limite toutefois fortement le champ de la mesure. Avant de signer un compromis, demandez une simulation actualisée au notaire ou à l’intermédiaire chargé de la vente.
Quels achats immobiliers sont réellement touchés par la hausse ?
La mesure vise les ventes d’immeubles anciens soumises au régime ordinaire des droits d’enregistrement. Il s’agit de la très grande majorité des appartements, maisons, parkings ou terrains bâtis revendus entre particuliers. L’augmentation porte sur la fraction départementale des droits : elle ne relève ni les émoluments réglementés du notaire, ni les débours, ni la contribution de sécurité immobilière.
Le logement doit se trouver dans un département ayant adopté le nouveau plafond. La localisation du bien, et non celle de votre domicile ou celle de votre banque, est déterminante. Dans les départements qui ne délibèrent pas en ce sens, le plafond antérieur demeure applicable. La décision locale et sa date d’effet doivent être vérifiées au moment de chiffrer l’opération : elles peuvent évoluer pendant la période temporaire autorisée par la loi.
De combien les frais de notaire peuvent-ils augmenter ?
Dans le régime de droit commun, la hausse du taux départemental de 0,5 point entraîne aussi une légère progression du prélèvement destiné à couvrir les frais d’assiette et de recouvrement. À titre indicatif, le total des taxes d’enregistrement passe alors d’environ 5,81 % à 6,32 % du prix dans le cas le plus courant. L’écart total approche donc 0,512 % du prix, avant prise en compte de situations particulières.
Ces pourcentages ne représentent pas la totalité des frais improprement appelés « frais de notaire ». Il faut y ajouter les émoluments du notaire, calculés sur un barème réglementé dégressif, la TVA sur ces émoluments, les formalités et les débours. Dans l’ancien, l’enveloppe globale se situe souvent autour de 7 % à 8 % du prix avant majoration, selon le prix du bien et le dossier. La hausse départementale s’ajoute à cette enveloppe ; elle ne la remplace pas.
| Prix du bien ancien | Surcoût des droits | Droits avant hausse | Droits après hausse |
|---|---|---|---|
| 150 000 € | Environ 768 € | Environ 8 710 € | Environ 9 478 € |
| 250 000 € | Environ 1 280 € | Environ 14 517 € | Environ 15 796 € |
| 300 000 € | Environ 1 536 € | Environ 17 420 € | Environ 18 956 € |
| 500 000 € | Environ 2 559 € | Environ 29 033 € | Environ 31 593 € |
Le tableau isole les droits et taxes calculés dans une configuration standard ; il n’inclut ni les émoluments ni les débours. Il constitue un ordre de grandeur, pas un décompte notarial. Le prix retenu est celui soumis aux droits : des honoraires d’agence légalement mis à la charge du vendeur ou un mobilier réel, précisément inventorié et valorisé, peuvent modifier l’assiette.
Les primo-accédants seront-ils exonérés de cette hausse ?
Oui, le dispositif prévu par la loi écarte les primo-accédants qui achètent leur résidence principale de la majoration départementale. Ils continuent néanmoins à acquitter les droits de mutation selon le taux antérieur, les taxes additionnelles, les émoluments et les frais de formalités. Il ne s’agit donc pas d’une exonération générale des frais de notaire, mais uniquement d’une protection contre le supplément de taux autorisé en 2025.
La qualité de primo-accédant doit être examinée avec soin. Une indivision héritée, la détention passée ou actuelle d’un logement, une séparation, un achat à deux avec des situations patrimoniales différentes, ou encore l’affectation partielle du bien à la location peuvent rendre l’analyse moins évidente. Ne vous contentez pas d’une déclaration orale : transmettez au notaire les éléments sur votre parcours de propriétaire et sur la destination effective du logement afin qu’il applique le régime adéquat.
Pourquoi le neuf échappe-t-il généralement à ce surcoût ?
Un logement neuf acheté au promoteur, notamment en VEFA, relève habituellement de la TVA immobilière et d’un régime de publicité foncière à taux réduit. Les frais d’acquisition y sont souvent de l’ordre de 2 % à 3 % du prix, contre environ 7 % à 8 % dans l’ancien avant toute hausse. La majoration des DMTO de droit commun ne s’applique donc généralement pas à cette première vente soumise à TVA.
Cette différence de frais ne doit pas, à elle seule, dicter le choix entre neuf et ancien. Le prix au mètre carré, la localisation, les travaux, le calendrier de livraison, les charges prévisionnelles, le DPE et le potentiel de revente comptent davantage dans l’équation. Attention aussi aux raccourcis : un logement de moins de cinq ans revendu par un particulier n’est pas nécessairement traité fiscalement comme une vente neuve. Le notaire qualifie juridiquement la mutation.
Ancien ou neuf : l’effet sur les frais d’acquisition
Acheter dans l’ancien
- Hausse possible si le département la vote
- Frais globaux souvent autour de 7 % à 8 %
- Travaux et DPE à intégrer au budget
- Exception possible pour le primo-accédant résident
Acheter dans le neuf
- Majoration des DMTO en principe sans effet
- Frais d’acquisition souvent autour de 2 % à 3 %
- Prix et délai de livraison à comparer
- Garantie financière et contrat VEFA à contrôler
Comment calculer votre budget avant de signer le compromis ?
Le bon réflexe consiste à raisonner en coût total d’acquisition, pas uniquement en prix affiché. Ajoutez au prix net vendeur les honoraires d’agence selon leur répartition contractuelle, les droits et frais notariés, le coût du crédit, la garantie bancaire, l’assurance emprunteur, les travaux immédiats et une marge pour les appels de fonds ou les charges de copropriété. Si l’apport est juste, les 1 000 € ou 2 000 € supplémentaires dus à la majoration peuvent déséquilibrer le plan de financement.
La vérification à faire avant l’offre puis avant l’acte
Identifiez la nature de la vente
Demandez si le bien relève de l’ancien ou du régime de TVA immobilière, et vérifiez le département de situation de l’immeuble.
Contrôlez le taux local en vigueur
Interrogez le notaire sur la délibération départementale, sa date d’effet et le taux applicable à la date envisagée de signature.
Faites chiffrer deux scénarios
Prévoyez un budget avec le taux actuel et un autre avec la hausse maximale, surtout si l’acte est prévu plusieurs mois après le compromis.
Vérifiez votre statut de primo-accédant
Si vous achetez pour y vivre, fournissez sans attendre les pièces demandées pour que le notaire puisse apprécier l’exception.
Ajustez le financement
Intégrez le montant actualisé dans l’apport et dans l’offre de prêt ; une banque ne finance pas toujours tous les frais annexes.
Peut-on réduire légalement les frais malgré la hausse ?
Vous ne pouvez pas négocier le taux des droits de mutation : il dépend de la loi et de la délibération locale. En revanche, vous pouvez éviter de surpayer leur assiette. Lorsque les honoraires de l’agent immobilier sont réellement à la charge du vendeur et que le mandat comme l’acte le prévoient, ils ne sont pas compris dans le prix soumis aux droits chez l’acquéreur. Le montage doit correspondre à la réalité économique de la vente ; il ne peut pas être modifié artificiellement après coup.
Le mobilier vendu avec le logement peut également être distingué du prix immobilier lorsqu’il existe réellement et fait l’objet d’un inventaire détaillé à une valeur cohérente : cuisine équipée non intégrée, électroménager, meubles ou équipements identifiables. Une estimation forfaitaire sans justificatif expose à une rectification. Les travaux à venir, eux, ne se déduisent pas du prix taxable. La méthode la plus sûre reste de demander au notaire un projet de décompte avant de lever les dernières conditions suspensives.
Quel impact sur votre crédit immobilier et votre pouvoir d’achat ?
Les frais d’acquisition sont le plus souvent financés par l’apport personnel. Une majoration de 1 500 € ne paraît pas considérable face à un achat à 300 000 €, mais elle peut réduire votre réserve de sécurité, augmenter le besoin de crédit ou vous faire franchir un seuil d’endettement. Elle pèse aussi davantage sur les acquisitions de faible montant : 768 € de supplément sur un bien à 150 000 € constitue une dépense immédiatement exigible.
Demandez à votre banque et à votre courtier un plan intégrant le coût exact de l’opération, y compris les frais de garantie et de dossier. Ne supposez pas qu’un prêt à 110 % sera accordé : ce type de financement reste une décision commerciale de la banque, non un droit pour l’emprunteur. Pour un projet en cours, l’information utile est donc très concrète : département du bien, statut de l’acquéreur, date cible de signature et taux local applicable.
La hausse ne transforme pas le coût d’un achat, mais elle doit être intégrée dès l’offre : les frais sont exigibles au moment où l’acquéreur a le moins de marge pour les absorber.
Questions fréquentes sur la hausse des frais de notaire
Est-ce que les frais de notaire augmentent partout en France ?
Combien vais-je payer en plus sur un achat à 300 000 € ?
Je signe le compromis avant la hausse : suis-je protégé ?
Un primo-accédant ne paie-t-il plus de frais de notaire ?
L’achat d’un logement neuf est-il concerné par la hausse ?
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