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Les frais de notaire dans l’immobilier vont connaître une hausse dès ce mardi

À compter du mardi 1er avril 2025, les départements peuvent relever les droits de mutation sur les logements anciens de 0,5 point : une hausse qui peut ajouter un peu plus de 1 000 € de taxes pour un achat à 200 000 €, selon le lieu et le profil de l’acquéreur.

Acte de vente immobilier en préparation chez un notaire, avec dossier, calculatrice et clés sur une table.
Acte de vente immobilier en préparation chez un notaire, avec dossier, calculatrice et clés sur une table.

Les « frais de notaire » peuvent augmenter à partir de ce mardi 1er avril 2025, mais la hausse n’est ni automatique ni identique sur tout le territoire. La loi de finances pour 2025 autorise les départements à relever temporairement leur part des droits de mutation à titre onéreux, les taxes payées lors de l’acquisition d’un logement ancien. Chaque conseil départemental doit toutefois voter cette majoration et fixer sa date d’entrée en vigueur.

Le relèvement maximal est de 0,5 point sur la taxe départementale, qui peut passer de 4,5 % à 5 % du prix. En ajoutant le prélèvement de l’État calculé sur cette taxe, l’incidence réelle atteint environ 0,51 % du prix d’achat. Ce sont donc principalement les acquéreurs d’ancien, investisseurs comme ménages, qui doivent intégrer ce risque dans leur plan de financement avant la signature définitive.

Que change réellement la hausse des frais de notaire au 1er avril 2025 ?

L’expression « frais de notaire » recouvre plusieurs sommes distinctes. La part la plus élevée, dans l’ancien, correspond aux droits de mutation : taxe départementale, taxe communale et prélèvement pour frais d’assiette et de recouvrement de l’État. Le notaire les encaisse pour le compte des administrations puis les reverse. Ses émoluments, tarifés réglementairement, ainsi que les débours — documents d’urbanisme, cadastre, formalités de publicité foncière — ne sont pas relevés par cette mesure.

La loi permet aux départements qui le souhaitent de majorer leur taux de taxe de publicité foncière ou de droit d’enregistrement de 0,5 point. Lorsque le taux départemental passe de 4,5 % à 5 %, le prélèvement de l’État, assis sur cette composante, augmente lui aussi légèrement. En pratique, la fiscalité de mutation atteint alors environ 6,32 % du prix contre environ 5,81 % auparavant, hors émoluments et débours.

Quel surcoût faut-il prévoir selon le prix du logement ?

Le calcul est simple : dans un département appliquant la majoration maximale, le supplément représente approximativement 0,511 85 % du prix inscrit dans l’acte. Ce coefficient comprend les 0,5 point de taxe départementale supplémentaire et le prélèvement de l’État de 2,37 % appliqué à cette hausse. Les montants ci-dessous sont des ordres de grandeur : le chiffrage définitif relève du notaire selon le département, la nature du bien et l’acte signé.

Surcoût de droits de mutation en cas de hausse départementale maximale
Prix d’acquisitionSupplément estimatifDroits avant hausseDroits après hausse
150 000 €environ 768 €environ 8 710 €environ 9 478 €
200 000 €environ 1 024 €environ 11 613 €environ 12 637 €
300 000 €environ 1 536 €environ 17 420 €environ 18 956 €
500 000 €environ 2 559 €environ 29 033 €environ 31 592 €

Ces montants ne sont pas le total des frais d’acquisition. Ils isolent les droits et taxes normalement dus dans une vente d’ancien au taux départemental de droit commun. À cette somme s’ajoutent les émoluments proportionnels du notaire, la contribution de sécurité immobilière et les débours. Pour un logement ancien, l’enveloppe globale reste souvent présentée autour de 7 % à 8 % du prix, mais elle varie selon la valeur du bien, le type d’acte et les frais réels de formalité.

Quels acheteurs et quels biens sont concernés par la majoration ?

La mesure cible en priorité les mutations à titre onéreux de biens anciens : appartement, maison, immeuble de rapport, local ou terrain, sous réserve des règles propres à chaque opération. Elle peut donc viser un investisseur locatif aussi bien qu’un ménage achetant une résidence secondaire. Le fait d’acquérir via une société civile immobilière ne fait pas disparaître les droits de mutation sur l’acquisition du bien par la SCI.

Le dispositif légal écarte les primo-accédants achetant un logement destiné à devenir leur résidence principale de la faculté de majoration accordée aux départements. Cette protection ne dispense pas de droits de mutation : elle évite seulement le supplément lié au passage de 4,5 % à 5 %. La qualité de primo-accédant, la destination effective du logement et les justificatifs demandés doivent être confirmés avec le notaire, notamment en cas d’indivision, de séparation, de donation antérieure ou de détention d’un autre bien.

Ancien et neuf : la hausse ne s’applique pas de la même façon

Achat dans l’ancien

Vente généralement soumise aux droits de mutation
  • Hausse possible si le département l’a votée
  • Droits et taxes autour de 5,81 % ou 6,32 % du prix, hors frais d’acte
  • Investisseurs et résidences secondaires concernés
  • Primo-accédants à vérifier pour la résidence principale

Achat neuf soumis à TVA

Vente par un professionnel, sous conditions
  • Droits d’enregistrement en principe réduits
  • La majoration départementale de l’ancien ne s’applique normalement pas
  • TVA intégrée au prix de vente dans le neuf
  • Le régime dépend de la qualification fiscale exacte de l’opération

Un logement qualifié de « récent » dans une annonce n’est pas nécessairement fiscalement neuf. À l’inverse, une vente en VEFA ou un logement vendu par un professionnel dans un régime soumis à TVA obéit généralement à un autre barème de droits. Avant de comparer le neuf et l’ancien, il faut donc regarder le régime fiscal inscrit dans le projet d’acte et non le seul âge apparent de l’immeuble.

La hausse dépend-elle du département du bien ou de votre domicile ?

C’est le lieu de situation du bien qui compte. Un acquéreur domicilié à Paris qui achète une maison dans un autre département acquittera les droits applicables dans le département où se situe cette maison. Pour un immeuble situé sur plusieurs départements, le notaire applique les règles de répartition adaptées à l’opération, cas plus rare pour un particulier.

Il ne faut pas déduire du texte national que tous les départements ont augmenté leurs taux le 1er avril. La loi ouvre une possibilité temporaire ; chaque collectivité délibère ou non, puis sa décision devient applicable selon les modalités légales de notification et d’entrée en vigueur. Un département peut donc conserver le taux antérieur, adopter la hausse maximale, ou faire entrer sa décision en vigueur à une autre date. Le notaire est l’interlocuteur opérationnel pour vérifier le taux applicable à l’acte.

Compromis signé avant le 1er avril : quel taux s’applique à la vente ?

En règle générale, les droits de mutation sont liquidés selon le tarif en vigueur à la date de signature de l’acte authentique, celle qui transfère juridiquement la propriété et permet la publication de la vente. La date de l’offre acceptée, du compromis ou de la promesse n’est donc pas, en elle-même, le critère déterminant. Une vente promise avant la hausse mais réitérée chez le notaire après la date d’effet locale peut relever du nouveau taux.

Cette règle est particulièrement sensible lorsque la condition suspensive de prêt, la purge d’un droit de préemption ou la constitution du dossier bancaire repousse la signature. Elle ne justifie pas pour autant de précipiter une vente : les délais de réflexion, conditions suspensives et obligations d’information protègent les parties. Toute anticipation doit rester compatible avec le calendrier réel du dossier et avec les instructions du notaire.

Comment calculer votre budget d’achat après cette hausse ?

L’acquéreur doit distinguer le prix négocié, les frais d’acquisition, le coût du crédit, les éventuels travaux et la trésorerie de sécurité. La majoration des droits ne change pas le prix affiché du logement, mais elle relève le coût total de l’opération et peut modifier le montant d’apport exigé par la banque. Dans un marché où chaque millier d’euros compte pour le taux d’endettement ou le reste à vivre, ce supplément mérite d’être chiffré avant toute offre.

La méthode en cinq étapes pour éviter une mauvaise estimation

  1. Identifier le régime de vente

    Vérifiez s’il s’agit d’ancien, de VEFA ou d’une vente soumise à TVA. Le barème de droits peut être très différent.

  2. Localiser précisément le bien

    Le département de situation de l’immeuble fixe le taux applicable, pas votre adresse personnelle ni celle de l’agence.

  3. Demander le taux à la date prévisible de l’acte

    Interrogez le notaire sur la délibération départementale et sa date d’effet, surtout si la signature est proche.

  4. Faire établir une simulation complète

    Exigez le détail des taxes, émoluments, débours, contribution de sécurité immobilière et garanties de prêt.

  5. Réviser le plan de financement

    Transmettez le montant actualisé à la banque ou au courtier afin d’ajuster apport, emprunt et échéancier.

Peut-on réduire légalement les frais d’acquisition malgré la hausse ?

Le taux de droits de mutation n’est pas négociable avec le notaire, et il ne peut pas être contourné par une ventilation fictive du prix. Il existe néanmoins des leviers licites. Le plus courant consiste à distinguer, dans le compromis puis l’acte, le prix de l’immobilier et celui du mobilier réellement vendu avec le logement : cuisine équipée non scellée, certains appareils électroménagers, meubles, dans la limite d’une valeur cohérente et justifiable.

Dans l’ancien, les frais d’agence peuvent aussi être mis à la charge de l’acquéreur si cette répartition est prévue dès le mandat et l’annonce. Les droits sont alors calculés sur le prix net vendeur, et non sur la commission. Cette présentation ne crée pas une économie égale à la commission : elle réduit seulement l’assiette des droits. Elle doit être transparente, contractuellement exacte et acceptée par les parties ; requalifier artificiellement une somme expose à un redressement.

Questions fréquentes sur la hausse des frais de notaire

Les frais de notaire augmentent-ils partout en France dès le 1er avril 2025 ?
Non. Le 1er avril 2025 ouvre la possibilité, pour les départements, de relever leur taxe de mutation. La hausse dépend d’une délibération locale et de sa date effective. Le taux applicable est celui du département dans lequel se trouve le bien. Votre notaire peut vérifier le barème applicable à la date prévue de l’acte authentique.
De combien augmentent les frais de notaire pour un achat à 200 000 € ?
Si le département applique la hausse maximale, le supplément de droits et taxes est d’environ 1 024 € pour un prix de 200 000 €. Ce montant correspond à un impact effectif voisin de 0,51 % du prix. Il faut y ajouter les émoluments et débours habituels, qui ne sont pas augmentés par cette mesure.
Un compromis signé avant la hausse évite-t-il de payer le nouveau taux ?
Pas nécessairement. Les droits de mutation sont en principe déterminés à la date de signature de l’acte authentique de vente, et non à celle du compromis. Si l’acte est signé après l’entrée en vigueur de la hausse dans le département du bien, le nouveau taux peut s’appliquer, même si l’avant-contrat est plus ancien.
Les primo-accédants paient-ils la hausse des droits de mutation ?
La loi prévoit que la faculté de majoration accordée aux départements ne s’applique pas aux primo-accédants qui achètent leur résidence principale. Ils restent redevables des droits normalement applicables, mais pas du supplément lié à cette majoration. Faites confirmer votre situation au notaire, car la qualification dépend de votre historique de propriété et du projet d’occupation.
La hausse concerne-t-elle aussi les logements neufs ?
En principe, non lorsque la vente est soumise à la TVA, comme c’est généralement le cas pour une VEFA ou un logement neuf vendu par un professionnel. Les droits d’enregistrement y sont réduits et le dispositif visant les droits de mutation de l’ancien ne joue normalement pas. Le régime exact doit toutefois être vérifié dans le projet d’acte.
Peut-on négocier la hausse des frais de notaire avec le vendeur ou le notaire ?
Le taux fiscal ne se négocie ni avec le vendeur ni avec le notaire. Vous pouvez en revanche négocier le prix du bien et, dans certains cas, organiser légalement la vente de mobilier distinct ou prévoir des honoraires d’agence à la charge de l’acquéreur. Ces montages doivent être réels, justifiés et mentionnés dans les documents contractuels.

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