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Les évolutions juridiques incontournables dans le secteur immobilier pour 2025

Interdiction de louer les passoires classées G, audit énergétique élargi aux logements E, nouvelles échéances en copropriété et encadrement des meublés touristiques : 2025 impose aux propriétaires un calendrier juridique précis.

Propriétaire examinant un DPE et des documents de rénovation devant un immeuble collectif français.
Propriétaire examinant un DPE et des documents de rénovation devant un immeuble collectif français.

L’année 2025 ouvre d’abord une séquence décisive pour les propriétaires bailleurs : en métropole, les logements classés G au DPE ne peuvent plus être proposés à la location comme résidence principale. Cette règle ne se limite pas aux nouvelles annonces : elle pèse aussi sur les renouvellements et reconductions de baux. Elle transforme le diagnostic de performance énergétique en véritable outil de conformité locative.

Le mouvement concerne aussi les vendeurs. Depuis le 1er janvier, l’audit énergétique doit accompagner la vente des maisons individuelles et des immeubles détenus par un seul propriétaire lorsqu’ils sont classés E, F ou G. En copropriété, les obligations de diagnostic collectif et de planification des travaux gagnent à leur tour les immeubles de taille intermédiaire ou modeste.

D’autres dossiers exigent une attention immédiate : extinction du Pinel pour les nouveaux investissements, mise en œuvre de la loi sur les meublés de tourisme, resserrement progressif de la RE2020 et conséquences de l’objectif de zéro artificialisation nette sur le foncier constructible. Les règles varient parfois selon la commune, le type d’immeuble et la date de dépôt des autorisations : il faut donc vérifier leur version applicable à la date de votre projet.

Quels logements ne peuvent plus être loués depuis 2025 ?

Depuis le 1er janvier 2025, un logement classé G par un DPE en cours de validité ne répond plus au niveau minimal de performance énergétique exigé pour être considéré comme décent en métropole. Il ne peut donc pas être mis en location, y compris meublé, lorsqu’il constitue la résidence principale du locataire. Les locations saisonnières ne relèvent pas de ce régime de décence, mais sont soumises à d’autres contraintes spécifiques.

L’enjeu ne consiste pas seulement à retirer une annonce. Un locataire en place peut invoquer la non-décence énergétique, demander la réalisation de travaux et, en cas de litige, saisir la commission départementale de conciliation ou le juge des contentieux de la protection. Le juge peut ordonner des travaux, réduire le loyer ou suspendre son paiement jusqu’à la mise en conformité, selon les circonstances du dossier.

Le bailleur doit distinguer deux sujets. Le premier est l’interdiction de louer, liée à la classe G. Le second est le gel des loyers des logements F et G : depuis août 2022, il n’est plus possible d’augmenter le loyer de ces biens lors d’une relocation, d’un renouvellement ou par révision annuelle. Une rénovation permettant de sortir de F ou G doit être matérialisée par un nouveau DPE avant d’en tirer les conséquences locatives.

Le calendrier se poursuit : les logements classés F seront concernés par l’exigence de décence énergétique à partir de 2028, puis les logements E à partir de 2034. Le propriétaire qui doit intervenir en 2025 a donc intérêt à viser une rénovation cohérente à moyen terme, et non une succession de petites opérations sans gain de classe suffisant. Isolation, ventilation, chauffage et production d’eau chaude doivent être pensés ensemble.

La vente d’un logement classé E exige-t-elle désormais un audit énergétique ?

Oui, pour les compromis et promesses de vente concernés depuis le 1er janvier 2025. L’audit énergétique réglementaire est obligatoire lors de la vente d’une maison individuelle ou d’un immeuble comportant plusieurs logements mais détenu par un propriétaire unique, dès lors que le DPE est classé E, F ou G. Il doit être remis à l’acquéreur potentiel dès la première visite, en complément du DPE.

L’audit ne remplace pas le diagnostic. Le DPE décrit la performance conventionnelle du logement à une date donnée ; l’audit propose un parcours de travaux. Il comporte en principe plusieurs scénarios, chiffrés à titre estimatif, visant une amélioration énergétique et tenant compte des contraintes techniques du bâti. Il doit aussi indiquer les gains de consommation attendus, les aides mobilisables selon les règles en vigueur et les incidences sur le confort d’été.

L’obligation ne s’applique pas de la même manière à la vente d’un appartement en copropriété : l’audit réglementaire attaché à la vente vise les maisons et les immeubles en monopropriété. Cela ne dispense pas l’acquéreur d’un appartement d’examiner le DPE individuel, le DPE collectif lorsqu’il existe, l’état des travaux votés, le fonds travaux et le plan pluriannuel de travaux.

Quelles obligations entrent en vigueur dans les copropriétés ?

Deux calendriers se croisent en 2025. D’une part, les immeubles d’habitation collective dont le permis de construire a été déposé avant le 1er janvier 2013 et comptant de 50 à 200 lots doivent disposer d’un DPE collectif. D’autre part, les copropriétés de 50 lots ou moins, à destination totale ou partielle d’habitation, entrent dans l’obligation d’élaborer un projet de plan pluriannuel de travaux lorsqu’elles ont plus de quinze ans.

Le DPE collectif donne une photographie énergétique de l’immeuble. Il alimente les décisions de rénovation et permet de rapprocher les consommations des parties communes, de l’enveloppe du bâtiment et des équipements collectifs. Le plan pluriannuel de travaux, ou PPPT, projette quant à lui les interventions nécessaires sur dix ans : conservation du bâti, sécurité, santé des occupants, économies d’énergie et réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Calendrier des obligations collectives pour les copropriétés anciennes
ObligationImmeubles concernésÉchéanceObjectif
DPE collectif> 200 lotsDepuis 2024Évaluer la performance globale
DPE collectif50 à 200 lotsDepuis le 1er janvier 2025Préparer les rénovations
DPE collectif50 lots ou moinsÀ partir du 1er janvier 2026Évaluer la performance globale
PPPT> 200 lotsDepuis 2023Planifier les travaux sur dix ans
PPPT51 à 200 lotsDepuis 2024Planifier les travaux sur dix ans
PPPT50 lots ou moinsDepuis le 1er janvier 2025Planifier les travaux sur dix ans

Le syndic ne décide pas seul des travaux. Il doit inscrire à l’ordre du jour de l’assemblée générale les sujets requis et faire voter les résolutions utiles. Les copropriétaires doivent examiner le rapport, hiérarchiser les urgences et organiser le financement. Lorsqu’un plan pluriannuel est adopté, les travaux qu’il prévoit restent en principe soumis à des votes distincts, sauf décision de l’assemblée sur les modalités prévues par la loi.

Le fonds de travaux ne doit pas être confondu avec le PPPT. Le premier constitue une épargne collective alimentée par les copropriétaires, avec des règles de cotisation minimale à vérifier selon la taille et la situation de la copropriété. Le second est un document de programmation. Dans les petites copropriétés, une dispense peut exister si un diagnostic technique global conclut à l’absence de travaux nécessaires dans les dix ans et si les copropriétaires la votent à l’unanimité.

Les meublés touristiques deviennent-ils plus difficiles à exploiter ?

La loi du 19 novembre 2024 visant à renforcer les outils de régulation des meublés de tourisme donne davantage de leviers aux communes et rapproche progressivement les exigences énergétiques de celles du parc locatif classique. Les conséquences concrètes dépendent fortement de la commune : autorisation de changement d’usage, numéro d’enregistrement, compensation, quotas locaux et durée maximale de location de la résidence principale peuvent se cumuler.

Depuis 2025, lorsqu’un nouveau meublé de tourisme est soumis à autorisation de changement d’usage, il doit notamment respecter un niveau de performance énergétique allant de A à E en métropole. Cette exigence vise à empêcher qu’un logement impropre à la location longue durée soit basculé vers le tourisme sans contrainte énergétique. Les règles de DPE des meublés touristiques doivent être vérifiées selon la nature du bien, la date de sa mise en location et les décrets d’application.

Location longue durée ou meublé touristique : l’arbitrage juridique se resserre

Location à usage de résidence principale

Règles de décence et protection du locataire
  • Logement G non louable en métropole depuis 2025
  • Bail, dépôt de garantie et révision du loyer encadrés
  • DPE et diagnostic technique au cœur du dossier
  • Revenus imposés selon location nue ou meublée

Meublé de tourisme

Règles locales et formalités administratives
  • Déclaration ou enregistrement selon la commune
  • Changement d’usage possible dans les zones tendues
  • DPE exigé dans certains nouveaux projets soumis à autorisation
  • Fiscalité et abattements à vérifier pour l’année concernée

Un propriétaire ne doit pas présumer qu’une résidence secondaire peut être louée à la nuitée sans formalité. Le premier interlocuteur est le service urbanisme ou habitat de la mairie, qui indique si un changement d’usage, un changement de destination, une déclaration ou un numéro d’enregistrement sont nécessaires. L’absence de démarche peut entraîner des sanctions civiles et administratives significatives.

Quels dispositifs fiscaux immobiliers changent en 2025 ?

Le fait marquant est la fin du dispositif Pinel pour les nouveaux investissements réalisés à compter du 1er janvier 2025. Un investisseur ne peut plus engager une nouvelle opération sous ce régime de réduction d’impôt. Les engagements déjà pris avant cette date continuent en revanche à suivre leurs règles propres : durée de location, plafonds de loyers et de ressources des locataires, déclarations fiscales et conditions de conservation de l’avantage.

Cette extinction oblige à revoir les simulations. Le rendement d’un achat locatif ne doit plus être justifié par une réduction d’impôt Pinel future, mais par le couple prix d’acquisition-loyer, la qualité énergétique, les charges de copropriété, la taxe foncière, le coût du crédit et la fiscalité réelle des revenus. Dans l’ancien à rénover, le Denormandie reste un régime distinct, sous conditions et jusqu’à son terme légal, mais il suppose notamment des travaux éligibles et une localisation dans une commune éligible.

Comment la RE2020 et le zéro artificialisation nette influencent-ils les projets neufs ?

Pour les permis de construire déposés à compter de 2025, la réglementation environnementale 2020 franchit une nouvelle étape. Les seuils réglementaires deviennent plus exigeants, notamment sur l’impact carbone de la construction et sur la performance du bâtiment. Les maîtres d’ouvrage doivent intégrer cette contrainte dès l’esquisse : système constructif, isolation, mode de chauffage, matériaux, approvisionnement et étude environnementale ne peuvent plus être traités en fin de conception.

Pour un particulier faisant construire, la conséquence se lit dans le contrat, la notice descriptive et le prix. Demandez au constructeur, à l’architecte ou au maître d’œuvre comment la conformité RE2020 est intégrée, quelles hypothèses techniques fondent le chiffrage et quel document attestera le respect des exigences. Une variante apparemment moins chère peut devenir incompatible avec les objectifs réglementaires ou générer des avenants.

L’objectif de zéro artificialisation nette, fixé par la loi, modifie parallèlement la rareté du foncier. Il ne rend pas toute construction impossible, mais il conduit les collectivités à privilégier la densification, les friches, les dents creuses et la transformation du bâti existant. Avant une promesse d’achat de terrain, consultez le PLU ou la carte communale, les servitudes, les risques, les réseaux et les éventuelles procédures d’évolution du document d’urbanisme.

Comment mettre son bien en conformité sans engager de dépenses inutiles ?

La bonne méthode consiste à partir de l’usage du bien — location, vente, résidence principale, meublé touristique ou opération de construction — puis à vérifier les obligations qui s’appliquent réellement. Une rénovation énergétique improvisée, un changement d’usage ignoré ou une promesse de vente signée sans les diagnostics requis coûtent souvent plus cher qu’un audit juridique et technique initial.

La méthode à suivre pour un propriétaire en 2025

  1. Qualifier le projet

    Déterminez si le bien est loué, vendu, occupé, transformé en meublé touristique ou destiné à être construit. Les obligations ne sont pas les mêmes.

  2. Contrôler les documents

    Vérifiez la validité du DPE, les diagnostics vente ou location, les procès-verbaux d’assemblée générale, le règlement de copropriété et les autorisations d’urbanisme.

  3. Mesurer le risque et le coût

    Pour une passoire thermique, faites chiffrer plusieurs scénarios de travaux et vérifiez les contraintes de copropriété, d’architecture ou de financement.

  4. Interroger les bons acteurs

    Sollicitez selon le dossier un diagnostiqueur certifié, le syndic, la mairie, un notaire, un architecte ou un avocat en droit immobilier.

  5. Conserver les preuves

    Archivez DPE, audit, devis, factures, votes d’assemblée, autorisations et nouveaux diagnostics : ils sécurisent le bail, la vente et les demandes d’aides.

Questions fréquentes sur les règles immobilières de 2025

Puis-je encore louer un appartement classé G en 2025 ?
En métropole, non, s’il est loué comme résidence principale et que son DPE en cours de validité le classe G. Le logement ne respecte plus le critère de décence énergétique depuis le 1er janvier 2025. Avant toute relocation ou poursuite de bail, faites vérifier le diagnostic et programmez les travaux nécessaires pour améliorer sa classe.
L’audit énergétique est-il obligatoire pour vendre un appartement classé E ?
Pas au seul motif que l’appartement est classé E. Depuis 2025, l’audit énergétique réglementaire à la vente concerne les maisons individuelles et les immeubles en monopropriété classés E, F ou G. Pour un appartement en copropriété, le vendeur doit néanmoins fournir les diagnostics requis et les documents relatifs à la copropriété.
Que doit faire une petite copropriété de moins de 50 lots en 2025 ?
Si l’immeuble a plus de quinze ans et comprend tout ou partie de logements, le syndic doit engager la démarche de projet de plan pluriannuel de travaux et inscrire les décisions nécessaires à l’ordre du jour. Le DPE collectif des copropriétés de 50 lots ou moins devient, lui, obligatoire à partir de 2026 pour les immeubles concernés.
Puis-je transformer une passoire thermique en location Airbnb ?
Ce n’est pas une solution automatique. Les meublés de tourisme peuvent être soumis à déclaration, enregistrement, changement d’usage ou autorisation municipale. Depuis 2025, certains nouveaux meublés soumis à autorisation de changement d’usage doivent respecter une classe DPE comprise entre A et E. Consultez impérativement la mairie avant toute mise en location.
Le dispositif Pinel existe-t-il encore en 2025 ?
Il n’est plus possible de réaliser un nouvel investissement ouvrant droit à la réduction d’impôt Pinel depuis le 1er janvier 2025. Les investisseurs ayant acquis un bien et pris leur engagement de location avant cette date conservent le bénéfice du régime, sous réserve de respecter toutes les conditions pendant la durée d’engagement.
Les nouvelles règles RE2020 concernent-elles une maison déjà construite ?
Non. La RE2020 s’applique principalement aux constructions neuves et dépend notamment de la date de dépôt du permis de construire. Les seuils renforcés de 2025 concernent les nouveaux projets. Pour une maison existante, les obligations relèvent plutôt du DPE, de la décence énergétique en cas de location et des règles de rénovation applicables au projet.

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