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Immobilier en Europe en 2025 : quels pays enregistrent les hausses de prix les plus marquantes ?

En 2025, la Bulgarie, la Hongrie et le Portugal se sont imposés parmi les marchés européens les plus dynamiques, devant un second groupe emmené par la Croatie et l’Espagne ; mais le bon classement dépend du trimestre, de la ville et de l’indicateur retenu.

Immeubles résidentiels européens et investisseur examinant un plan de quartier devant une entrée d’immeuble.
Immeubles résidentiels européens et investisseur examinant un plan de quartier devant une entrée d’immeuble.

Les comparaisons de prix de transaction harmonisées en Europe font ressortir un groupe de tête assez net en 2025 : la Bulgarie, la Hongrie et le Portugal. Ces trois marchés ont affiché, selon les trimestres observés, des progressions annuelles de l’ordre de 15 % ou davantage. La Croatie et l’Espagne ont également enregistré une hausse à deux chiffres sur certaines périodes, avec de très fortes disparités entre métropoles, littoral et arrière-pays.

Il faut toutefois se méfier d’un classement présenté comme définitif. Il n’existe pas une seule mesure des « prix immobiliers en Europe » : les indices de prix de transaction, les prix affichés par les portails, les logements neufs et les appartements anciens ne racontent pas la même histoire. Pour un investisseur français, la hausse des prix n’est qu’un premier filtre : le rendement net, le droit local et la devise peuvent transformer une apparente opportunité en opération décevante.

Quels pays européens ont connu les hausses de prix les plus marquantes en 2025 ?

La Bulgarie, la Hongrie et le Portugal constituent le premier groupe à surveiller. Leur point commun est une dynamique de rattrapage ou de tension de l’offre, alimentée à des degrés divers par la hausse des revenus, la concentration de l’emploi dans les capitales, une production de logements insuffisante et l’arrivée d’acheteurs non résidents. Les variations annuelles observées dans les séries trimestrielles ont fréquemment été à deux chiffres, un rythme très supérieur à celui des grands marchés matures d’Europe occidentale.

La Croatie et l’Espagne forment un second ensemble très actif. Dans ces deux pays, le tourisme, les résidences secondaires et la demande internationale pèsent fortement dans certaines zones. Zagreb ne répond pas aux mêmes moteurs que la côte adriatique ; Madrid, Valence ou Malaga n’ont pas le même marché que les villes moyennes espagnoles. La progression nationale masque donc des écarts parfois considérables de prix, de rendement et de délai de revente.

Lecture qualitative des marchés européens les plus dynamiques en 2025
PaysSignal de prix en 2025Moteurs dominantsPoint de vigilance
BulgarieHausse annuelle souvent très soutenueRattrapage, Sofia, offre limitéeLiquidité locale et qualité des immeubles
HongrieHausse très marquée selon les trimestresBudapest, revenus, demande domestiqueRisque de change du forint
PortugalProgression forte dans plusieurs zonesOffre rare, demande internationaleRendement comprimé dans les zones tendues
CroatieMarché actif, surtout dans les zones recherchéesTourisme, littoral, résidences secondairesSaisonnalité et réglementation locative
EspagneHausse soutenue et très territorialiséeEmploi, demande étrangère, littoralFiscalité régionale et surchauffe locale

Pourquoi ces marchés montent-ils plus vite que les grands pays d’Europe occidentale ?

Le premier moteur est le rattrapage de niveau de prix. Dans plusieurs pays d’Europe centrale et orientale, les prix partent d’une base historiquement plus faible que dans les grandes métropoles françaises, allemandes ou néerlandaises. Lorsque les salaires progressent, que l’accès au crédit s’améliore ou que l’épargne se reporte vers la pierre, les prix peuvent accélérer rapidement. Cette mécanique ne signifie pas pour autant qu’un logement reste bon marché au regard des revenus locaux.

Le deuxième moteur est l’insuffisance d’offre dans les lieux où se concentre la demande. À Lisbonne, Porto, Budapest, Sofia, Zagreb, Barcelone ou dans les villes côtières, les terrains constructibles, les contraintes d’urbanisme, le coût des travaux et le manque de main-d’œuvre limitent la livraison de logements. Une offre lente à réagir face à des ménages solvables ou à des acquéreurs étrangers fait monter les prix plus vite que dans les marchés où la construction absorbe la demande.

Le troisième facteur est la composition de la demande. Les résidences secondaires, les séjours touristiques, le télétravail transfrontalier et l’investissement locatif peuvent soutenir certains quartiers sans bénéficier au reste du pays. À l’inverse, une modification des règles de location saisonnière, des visas, de la fiscalité ou du crédit peut freiner brutalement un micro-marché. Les règles applicables à la location de courte durée doivent donc être contrôlées auprès de la mairie et d’un conseil local avant toute offre.

Hausse des prix ou rendement net : deux lectures d’un même marché

Suivre la hausse nominale

Utile pour mesurer la tension du marché
  • Indique une demande supérieure à l’offre sur la période
  • Peut favoriser la valeur de revente à long terme
  • Ne tient pas compte des frais d’acquisition ni de l’impôt
  • Peut refléter un marché déjà devenu difficile d’accès

Calculer le rendement net

Indispensable avant un achat locatif
  • Intègre loyers, vacance, charges et gestion
  • Prend en compte la fiscalité du pays et de la France
  • Révèle l’effet des travaux et du financement
  • Peut rester faible malgré une forte hausse des prix

Une hausse rapide des prix signifie-t-elle qu’il faut acheter dans ces pays ?

Non. Une progression forte peut être le signe d’un marché sainement dynamique, mais elle peut aussi réduire la rentabilité d’un achat réalisé trop tard. Si les prix augmentent plus vite que les loyers, le rendement brut baisse mécaniquement. Il se calcule en divisant le loyer annuel hors charges par le coût total d’acquisition, puis en multipliant par 100. Le coût total ne se limite pas au prix signé : il faut y ajouter taxes, notaire ou avocat, commission d’agence, travaux, mobilier, financement et éventuels frais de change.

Exemple de méthode : un appartement acheté 180 000 € peut finalement représenter un investissement supérieur une fois les frais et travaux intégrés. Un loyer annuel de 10 800 € semble alors offrir 6 % sur le seul prix du bien, mais moins sur le coût global. Après taxe foncière locale, copropriété, assurance, gestion, périodes de vacance, entretien et fiscalité, le rendement net peut être nettement inférieur. Il faut aussi tester un scénario prudent avec un loyer réduit et plusieurs mois sans locataire.

Comment comparer sérieusement les prix immobiliers entre pays européens ?

Commencez par distinguer le prix affiché du prix effectivement payé. Les portails immobiliers mesurent généralement les annonces, donc les prétentions des vendeurs ; les indices publics reposent davantage sur les transactions enregistrées. Pour évaluer l’évolution d’un marché, les indices harmonisés sont les plus utiles. Pour déterminer le prix d’un appartement précis, les actes comparables, les bases locales et l’avis d’un professionnel implanté dans la ville restent incontournables.

Comparez ensuite la hausse nominale avec l’inflation, les revenus et les taux de crédit. Une augmentation de prix de l’ordre de 10 % n’a pas la même signification si l’inflation est élevée, si les salaires suivent ou si le crédit se renchérit. Regardez aussi le stock de biens à vendre, la durée de commercialisation, la part des achats étrangers et les mises en chantier. Ces données sont souvent plus révélatrices d’un retournement que le seul prix moyen.

La grille de contrôle avant de retenir un pays

  1. Fixez votre objectif

    Distinguez résidence secondaire, location longue durée, location touristique et recherche de plus-value. Les villes pertinentes ne seront pas les mêmes.

  2. Choisissez un indicateur comparable

    Relevez l’évolution annuelle des prix de transaction sur un même trimestre, puis confrontez-la aux données locales de quartier.

  3. Calculez le coût complet

    Ajoutez au prix les droits, honoraires, travaux, charges de copropriété, taxe locale, gestion et coût du crédit.

  4. Testez le loyer réellement accessible

    Utilisez des loyers signés ou une estimation locale prudente, en intégrant la vacance et les plafonds éventuels.

  5. Auditez les règles locales

    Vérifiez permis de louer, enregistrement touristique, règles de copropriété, urbanisme et protection des locataires.

  6. Préparez la sortie

    Estimez le délai de revente, la profondeur du marché et l’imposition applicable lors de la cession.

Quels risques un investisseur français doit-il intégrer hors de France ?

La fiscalité internationale est le premier sujet à sécuriser. Les loyers et la plus-value d’un immeuble sont en principe imposables dans l’État où se situe le bien, selon ses règles propres et la convention fiscale applicable. Un résident fiscal français doit en outre déclarer ses revenus mondiaux en France. Les mécanismes prévus par les conventions visent à éviter une double imposition intégrale, mais ils n’effacent ni les obligations déclaratives ni les écarts de taux. La règle applicable doit être vérifiée pour le pays et l’année concernés.

Un résident français doit aussi intégrer la valeur de ses biens immobiliers situés à l’étranger dans l’assiette de l’IFI lorsque son patrimoine immobilier net taxable dépasse le seuil légal en vigueur. Les dettes ne sont déductibles que sous conditions. La détention via une société étrangère, l’indivision, l’usufruit ou le recours à un emprunt local exigent une analyse plus fine avec un notaire, un avocat fiscaliste ou un expert-comptable compétent sur les deux pays.

Le risque de devise mérite une attention particulière hors zone euro. En Hongrie, un loyer encaissé et une valeur de revente exprimés en forints peuvent perdre de la valeur une fois convertis en euros, même si le prix local a monté. À cela s’ajoutent les règles de crédit : banque locale, apport exigé, assurance, taux fixe ou variable, hypothèque et garanties demandées ne sont pas uniformes en Europe.

Quelle stratégie adopter face à des marchés européens déjà en hausse ?

La stratégie la plus robuste consiste à ne pas poursuivre un pays pour sa seule performance passée. Dans les marchés en forte hausse, recherchez plutôt un déséquilibre local vérifiable : bassin d’emploi, université, desserte de transport, offre neuve limitée, loyers compatibles avec le prix et copropriété saine. À l’inverse, un quartier acheté uniquement parce qu’il est recherché par les touristes peut devenir vulnérable si les règles de location changent ou si la fréquentation ralentit.

Pour un premier investissement hors de France, la zone euro réduit au moins le risque de change et simplifie le suivi des flux. Elle ne dispense ni d’un audit juridique ni d’une gestion locale. Visitez le bien, demandez les procès-verbaux de copropriété, contrôlez les dettes attachées au lot lorsque le droit local le prévoit, faites traduire les clauses déterminantes et conditionnez toute promesse aux vérifications utiles. Le notaire français n’a pas vocation à sécuriser seul une acquisition étrangère : l’interlocuteur central est le professionnel habilité dans le pays du bien.

Questions fréquentes sur les prix immobiliers en Europe en 2025

Quel pays a connu la plus forte hausse de l’immobilier en Europe en 2025 ?
La réponse varie selon le trimestre et l’indice retenu. Les comparaisons de prix de transaction ont régulièrement placé la Bulgarie, la Hongrie et le Portugal parmi les marchés les plus dynamiques de 2025. Pour établir un classement exact, il faut comparer la même période d’une année sur l’autre et vérifier la dernière publication harmonisée disponible.
Pourquoi l’immobilier augmente-t-il autant au Portugal ?
Le Portugal cumule une offre de logements limitée dans les zones les plus demandées, une forte attractivité de Lisbonne, Porto et du littoral, ainsi qu’une demande étrangère importante. Cela ne rend pas tous les secteurs attractifs pour autant : dans certains quartiers, les prix ont progressé plus vite que les loyers, ce qui réduit le rendement locatif net.
Est-il risqué d’acheter un appartement en Hongrie depuis la France ?
L’achat est possible, mais il exige une vigilance renforcée sur la devise. Le prix, le loyer et la revente peuvent être libellés en forints : une dépréciation face à l’euro peut réduire votre gain réel. Faites aussi vérifier le titre de propriété, la copropriété, le financement, la fiscalité locale et les règles de location par un professionnel hongrois indépendant.
La hausse des prix en Espagne est-elle la même partout ?
Non. Le marché espagnol est très local. Les grandes villes, les îles et certaines zones littorales peuvent être soutenues par l’emploi, le tourisme et les achats étrangers, tandis que d’autres territoires évoluent plus lentement. Avant d’acheter, comparez les prix signés, l’offre à vendre, les loyers réels et les règles municipales applicables à la location.
Comment un résident français est-il imposé sur un bien locatif à l’étranger ?
Les revenus tirés d’un immeuble sont généralement imposés dans le pays où il se trouve, puis doivent être déclarés en France par le résident fiscal français. La convention fiscale entre les deux États détermine le mécanisme destiné à éviter la double imposition. La plus-value, l’IFI éventuel et les prélèvements locaux doivent être étudiés avant l’achat, au regard des règles en vigueur.

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