Le réseau .fm
Immobilier.fm La fréquence
de l'immobilier
Actualités

Nordine Hachemi : « Une lueur d’espoir dans le secteur immobilier »

La lueur d’espoir évoquée dans l’immobilier ne vaut pas encore reprise générale : elle dépend d’un crédit plus accessible, de prix cohérents et d’une offre compatible avec le budget réel des ménages.

Visite d’un appartement lumineux avec dossier de financement et échantillons de travaux sur une table.
Visite d’un appartement lumineux avec dossier de financement et échantillons de travaux sur une table.

Une « lueur d’espoir » dans l’immobilier correspond d’abord à un changement de mécanique : des ménages recommencent à pouvoir emprunter, des vendeurs ajustent davantage leurs prétentions et des transactions longtemps bloquées peuvent se conclure. Ce mouvement peut relancer localement le marché sans constituer, pour autant, une hausse généralisée des prix ni un retour aux conditions de financement antérieures.

Pour un acheteur, un vendeur ou un investisseur, le bon indicateur n’est donc pas l’ambiance du marché. Il faut regarder la mensualité réellement finançable, la qualité du bien, son coût de détention et la profondeur de la demande locale. Une reprise saine se construit sur des prix solvables, et non sur la seule anticipation d’une amélioration du crédit.

À la date de publication de cet article, les conditions de prêt, les aides à l’accession et la réglementation locative doivent toujours être confirmées auprès d’une banque, d’un courtier, d’un notaire ou de l’administration compétente. Ces paramètres évoluent plus vite que les caractéristiques fondamentales d’un quartier ou d’un immeuble.

Quels signaux peuvent réellement annoncer une reprise immobilière ?

Le premier signal est le retour progressif des acquéreurs finançables. Il se voit lorsque les banques étudient davantage de dossiers, que les compromis signés redeviennent plus nombreux et que les délais de vente cessent de s’allonger. Cela ne signifie pas nécessairement que les prix remontent : dans une première phase, le marché peut simplement retrouver de la fluidité.

Le deuxième indicateur est l’écart entre le prix affiché et le prix signé. Lorsque les vendeurs acceptent encore des négociations substantielles, l’acheteur conserve un pouvoir de discussion. Quand les offres au prix réapparaissent sur les biens correctement valorisés, en bon état et bien situés, le rapport de force commence à se rééquilibrer. Il faut raisonner à l’échelle du micro-marché : une rue, une commune et un segment de surface peuvent évoluer très différemment.

Enfin, la qualité de l’offre compte autant que son volume. Un appartement lumineux, sans travaux lourds, avec un DPE correct et des charges maîtrisées trouve généralement preneur avant un bien mal isolé ou grevé par une copropriété fragile. La reprise bénéficie d’abord aux logements qui répondent au budget total de l’acquéreur, travaux compris.

Pourquoi le crédit reste-t-il le premier déclencheur du marché ?

L’immobilier résidentiel est largement déterminé par la capacité d’emprunt. À revenu et apport identiques, un taux plus élevé réduit le capital finançable ou alourdit la mensualité. Sur un prêt de longue durée, une variation d’environ un point de taux peut modifier la mensualité de l’ordre de 100 à 150 € pour 250 000 € empruntés, hors assurance : c’est souvent l’écart qui sépare un dossier acceptable d’un projet reporté.

La banque ne regarde pas le seul taux nominal. Elle apprécie les revenus stables, l’apport, le reste à vivre, l’épargne conservée après acquisition et la cohérence du projet. Le TAEG, qui intègre intérêts, assurance emprunteur, frais de dossier et garanties, doit être comparé d’une offre à l’autre. Il doit aussi rester sous le taux d’usure applicable au moment de l’émission de l’offre ; ce plafond est révisable et doit être vérifié à la date du dossier.

Les normes du Haut Conseil de stabilité financière encadrent habituellement le taux d’effort autour de 35 % des revenus et la durée de prêt à 25 ans, avec des exceptions limitées et certains différés admis dans des cas précis. Ce cadre est susceptible d’évoluer : demandez à l’établissement prêteur comment il s’applique à votre situation. Pour un investissement locatif, la méthode de prise en compte des loyers futurs diffère également d’une banque à l’autre.

Les prix vont-ils repartir à la hausse partout ?

Non. Il n’existe pas un marché immobilier français unique. Les territoires qui concentrent emploi, transports, services et faibles vacances locatives disposent en général d’une demande plus résiliente. À l’inverse, un secteur où l’offre se renouvelle peu, où la démographie stagne ou où le parc est énergivore peut rester sous pression même si le crédit s’améliore.

Dans l’ancien, le prix affiché doit être corrigé des frais d’acquisition, généralement de l’ordre de 7 à 8 % selon le département et la nature de l’opération, des travaux, des charges de copropriété et du coût du financement. Dans le neuf, les frais d’acquisition sont habituellement plus faibles, mais le prix au mètre carré intègre souvent une prime et le calendrier de livraison expose à un risque de décalage. Les montants applicables doivent être contrôlés avec le notaire.

Les logements énergivores constituent un cas à part. Un prix inférieur n’est pas automatiquement une opportunité si l’amélioration thermique suppose des travaux complexes, une autorisation de copropriété ou une vacance prolongée. Pour un bailleur, le calendrier d’interdiction de location des logements les moins performants — notamment les logements classés G, sous réserve des règles applicables et de leurs évolutions — rend cette analyse décisive.

Les critères qui déterminent le potentiel d’un bien dans un marché qui se stabilise
CritèreSignal favorableSignal de prudenceVérification à faire
LocalisationTransports, services, emploiDemande locative faibleVentes comparables récentes
PrixDécote justifiéePrix fondé sur une annoncePrix signé et marge réelle
DPEClasse correcte, travaux simplesPassoire énergétiqueAudit, devis, règlementation
CopropriétéBudget et travaux suivisImpayés ou gros chantierPV d’AG sur trois ans
FinancementMensualité confortableBudget au plafondTAEG et assurance
ReventeBien standard et liquideCaractéristiques très atypiquesDélai de vente local

Faut-il acheter dès que les conditions de crédit s’améliorent ?

Acheter n’a de sens que si le projet est suffisamment long et que le logement correspond à un besoin durable. Une amélioration du crédit peut faciliter l’entrée sur le marché, mais elle ne compense ni un achat surpayé, ni une revente forcée à court terme, ni des travaux sous-évalués. Pour une résidence principale, une durée de détention de plusieurs années amortit mieux les frais d’achat et les aléas du marché.

Acheter maintenant ou attendre : le bon arbitrage dépend du projet

Acheter pendant la stabilisation

Pertinent si le bien et le financement sont solides
  • Négociation parfois encore accessible
  • Choix plus large sur certains segments
  • Possibilité de renégocier l’assurance emprunteur selon les règles en vigueur
  • Risque de payer trop cher si les comparables sont mal analysés

Attendre une amélioration plus nette

Pertinent si le budget reste tendu
  • Temps pour renforcer l’apport et le dossier bancaire
  • Possibilité d’observer les prix signés locaux
  • Risque de perdre un bien adapté ou une marge de négociation
  • Aucune garantie sur l’évolution future des taux ou des prix

Un vendeur confronté à ce marché doit aussi arbitrer avec méthode. Si une vente finance un nouvel achat, la baisse éventuelle de son prix de cession peut être compensée par la décote obtenue sur le bien acquis. Ce raisonnement de prix relatif est plus pertinent que la seule comparaison avec le sommet passé de valorisation. En cas de vente d’un bien autre que la résidence principale, il faut anticiper l’éventuelle taxation de la plus-value ; les règles d’exonération et les abattements selon la durée de détention sont à vérifier avec le notaire.

Comment vérifier que votre capacité d’achat est vraiment sécurisée ?

Une capacité d’achat fiable ne se résume pas à une simulation en ligne. Elle intègre toutes les sorties de trésorerie : apport, frais d’acquisition, garantie, travaux, déménagement, taxe foncière, charges, assurance et épargne de précaution. L’erreur classique consiste à consacrer la totalité de l’apport au prix et à financer ensuite les premières dépenses imprévues par du crédit à la consommation.

La méthode en cinq vérifications avant l’offre

  1. Fixez une mensualité de confort

    Partez de votre budget réel, pas seulement du taux d’effort maximal admis. Conservez une marge pour les charges variables et les aléas de revenus.

  2. Obtenez une faisabilité écrite

    Faites étudier le dossier par une ou plusieurs banques, ou un courtier. Vérifiez le montant, la durée, le TAEG, l’assurance et les conditions de garantie.

  3. Chiffrez le coût complet du bien

    Ajoutez frais d’acquisition, travaux documentés par devis, taxe foncière, charges de copropriété et dépenses de mise aux normes.

  4. Analysez les documents de copropriété

    Lisez les procès-verbaux d’assemblée générale, le carnet d’entretien, le budget prévisionnel et les appels de fonds. Repérez les travaux votés ou envisagés.

  5. Encadrez l’offre et le compromis

    Prévoyez une condition suspensive de prêt correctement rédigée et, si nécessaire, des conditions liées à la vente de votre bien ou à des autorisations déterminantes.

Quels biens peuvent profiter en premier d’un regain de demande ?

Les biens les plus liquides sont habituellement les premiers à retrouver des acheteurs : logements familiaux proches des transports, petites surfaces bien placées dans les villes où la demande locative est structurelle, maisons offrant des performances énergétiques correctes et appartements sans passif de copropriété. Cette préférence pour la qualité renforce l’écart avec les logements qui cumulent défauts techniques, charges élevées et localisation moins recherchée.

Pour l’investissement locatif, le rendement brut affiché ne suffit pas. Il faut déduire la vacance, les frais de gestion, les charges non récupérables, la taxe foncière, l’entretien, l’assurance, le financement et la fiscalité. La location meublée et la location nue ne produisent pas le même revenu imposable ni les mêmes obligations ; le régime LMNP, ses seuils et ses règles d’amortissement ou de plus-value doivent être examinés à la date de l’opération avec un professionnel compétent.

Dans les zones soumises à l’encadrement des loyers, le loyer espéré doit aussi être confronté au loyer de référence applicable, au complément de loyer éventuellement justifiable et aux règles locales. Un loyer théorique non conforme fausse immédiatement le rendement. De même, un permis de louer, une autorisation de changement d’usage ou des règles de location saisonnière peuvent limiter le projet dans certaines communes.

Quels risques peuvent encore interrompre l’amélioration du marché ?

Une embellie reste fragile si les ménages conservent une forte incertitude sur leurs revenus, si les banques durcissent leur sélection ou si le coût des travaux augmente. Le marché peut également être freiné par une offre insuffisante de logements neufs, des délais administratifs, des difficultés de copropriété ou l’écart croissant entre les biens rénovés et les passoires thermiques.

L’acheteur doit se méfier du raisonnement selon lequel un taux futur plus bas permettra automatiquement de refinancer son opération à meilleur compte. Une renégociation ou un rachat de crédit a un coût, exige un dossier solide et dépend des conditions alors proposées. Le vendeur, lui, ne doit pas confondre quelques ventes rapides dans son voisinage avec une hausse certaine de la valeur de son propre bien.

Questions fréquentes

Comment savoir si le marché immobilier repart vraiment ?
Regardez d’abord les délais de vente, le niveau de négociation et la capacité des acheteurs à obtenir un crédit. Une hausse des visites ou des annonces ne suffit pas. Une reprise crédible se manifeste par davantage de compromis signés sur des prix cohérents, surtout pour les biens bien situés, correctement diagnostiqués et sans travaux lourds non chiffrés.
Une baisse des taux de crédit fait-elle automatiquement monter les prix ?
Non. Des taux plus bas augmentent la capacité d’emprunt et peuvent soutenir la demande, mais l’effet sur les prix dépend de l’offre locale, de l’emploi, des revenus et de la qualité des logements. Dans un premier temps, le marché peut surtout gagner en fluidité, avec plus de transactions et une négociation moins forte.
Est-ce le bon moment pour acheter un logement ?
C’est le bon moment si votre projet est stable, votre financement sécurisé et le prix du bien justifié par des ventes comparables. Vérifiez aussi les travaux, le DPE, les charges et votre capacité à conserver une épargne de précaution. Attendre uniquement une évolution supposée des taux ou des prix reste un pari, pas une stratégie.
Quel apport faut-il prévoir pour acheter dans l’ancien ?
Il est prudent de pouvoir financer au minimum les frais d’acquisition, qui représentent souvent de l’ordre de 7 à 8 % du prix dans l’ancien selon l’opération et le département, ainsi qu’une réserve pour travaux et imprévus. Certaines banques prêtent avec peu d’apport, mais un dossier avec épargne résiduelle est généralement plus robuste.
Un logement avec un mauvais DPE peut-il être une bonne affaire ?
Oui, mais seulement si la décote couvre réellement les travaux, les contraintes techniques et le risque de revente. Demandez des devis, examinez les règles de copropriété et vérifiez les obligations locatives si vous investissez. Un DPE faible peut limiter la location, augmenter les charges et réduire le nombre d’acquéreurs au moment de revendre.
Peut-on renégocier son crédit immobilier si les taux baissent ?
C’est possible, soit auprès de votre banque, soit via un rachat par un autre établissement, mais l’intérêt dépend de l’écart de taux restant, du capital dû, de la durée résiduelle et des frais. Comparez le coût total, incluant indemnités éventuelles, garantie et assurance. Les conditions de renégociation doivent être vérifiées au moment de la demande.

À lire ensuite

Actualités
L'infolettre

Le marché immobilier, décrypté chaque semaine

Une sélection courte : ce qui bouge sur les prix et les taux, les échéances réglementaires à ne pas manquer, et l'analyse qui vaut le détour.

Gratuit, un envoi par semaine, désinscription en un clic. Votre adresse ne sert qu'à cet envoi.