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Marché immobilier : anticipations d’une nouvelle baisse des prix d’ici la fin de l’année, découvrez l’ampleur des réductions

À l’automne 2024, une nouvelle baisse des prix reste plausible dans les marchés où le crédit et les volumes de vente pèsent, mais son ampleur dépend d’abord de la tension locale, du type de bien et de l’écart au prix de marché.

Acquéreurs examinant un dossier de vente immobilière avec un agent dans une agence française à l’automne.
Acquéreurs examinant un dossier de vente immobilière avec un agent dans une agence française à l’automne.

Les anticipations de baisse des prix immobiliers d’ici la fin de l’année doivent être lues avec prudence : il n’existe pas un marché unique, ni une réduction automatique applicable à chaque logement. Dans les secteurs où les acheteurs restent contraints par le crédit et où les biens mettent du temps à se vendre, les vendeurs les moins bien positionnés sont les premiers à devoir corriger leur prix. Ailleurs, notamment sur les biens rares, bien situés et immédiatement habitables, la résistance demeure forte.

Pour un acquéreur, l’enjeu n’est donc pas de deviner un point bas national, mais d’évaluer le prix de marché d’un bien précis et le coût total de son financement. Pour un vendeur, il s’agit de distinguer une baisse conjoncturelle d’une erreur de positionnement : un prix d’annonce trop ambitieux fait perdre les premières semaines de commercialisation, celles où l’attention des acheteurs est maximale.

À l’automne 2024, le scénario le plus crédible est celui d’ajustements inégaux : des remises plus nettes sur les logements énergivores, à rénover ou mal localisés, et des négociations plus limitées sur les petites surfaces bien placées, les maisons familiales recherchées et les biens sans défaut majeur. L’ampleur réelle des réductions se lit dans les actes signés, non dans les seules annonces.

Pourquoi les prix peuvent-ils encore reculer d’ici la fin de l’année ?

Le premier moteur d’une baisse reste la solvabilité des ménages. Quand le coût du crédit augmente ou demeure élevé, un même revenu permet d’emprunter moins à mensualité constante. Les acheteurs réduisent alors leur budget, reportent leur projet ou concentrent leurs recherches sur des biens moins chers. Si les vendeurs ne baissent pas immédiatement leurs prétentions, les transactions se raréfient avant que les prix signés ne s’ajustent.

Le deuxième moteur est le décalage entre l’offre et la demande réellement finançable. Un logement peut susciter beaucoup de consultations sur les portails sans générer d’offre crédible. Une annonce qui reste en ligne, fait l’objet de visites sans suite ou revient sur le marché après l’échec d’une vente révèle souvent un écart entre le prix demandé et ce que les acquéreurs peuvent payer.

Enfin, la qualité du parc crée une polarisation. Un appartement rénové, proche des transports, avec de faibles charges et un DPE satisfaisant n’est pas directement comparable à un bien de même surface nécessitant une rénovation énergétique, une réfection de toiture ou un changement de chauffage. Les contraintes réglementaires et le coût des travaux augmentent la décote demandée pour les logements les moins performants. Le DPE n’est pas le seul critère, mais il est devenu un élément central de la valeur et de la négociation.

De combien les prix peuvent-ils baisser selon le type de bien ?

Donner une prévision unique en pourcentage serait trompeur. À l’échelle d’une ville, deux rues peuvent déjà afficher des trajectoires opposées. À titre indicatif, un bien correctement estimé, sans défaut particulier, peut ne nécessiter qu’un ajustement limité pour rencontrer sa demande. À l’inverse, un logement cumulé de défauts — prix trop élevé, travaux, DPE dégradé, charges élevées, rez-de-chaussée sombre ou éloignement des services — peut appeler une réduction nettement supérieure à la moyenne locale.

La réduction dépend de l’écart entre le bien et ses concurrents

La bonne question n’est pas « combien le marché va-t-il perdre ? », mais « combien vaut ce logement face aux alternatives disponibles aujourd’hui ? ». Un acheteur arbitre entre plusieurs biens, mais aussi entre l’achat et la location, ou entre un achat immédiat et l’attente. Plus les offres concurrentes sont nombreuses et homogènes, plus le vendeur devra être précis sur son prix.

Ordres de grandeur indicatifs de négociation selon la situation du bien
Situation observéeNégociation envisageableÉléments déterminantsVigilance
Bien au prix, secteur tendufaible à limitéerareté, état, emplacementne pas confondre offre rare et prix excessif
Bien affiché depuis longtempsde l’ordre de 3 à 8 %visites sans offre, comparablesvérifier les baisses déjà consenties
Travaux importantsvariable, souvent marquéedevis, délais, DPEchiffrer tous les postes
DPE faiblevariable selon le marchéénergie, location future, travauxanalyser les scénarios de rénovation
Bien atypique ou mal situésouvent plus forterevente, nuisances, demandeprévoir une liquidité moindre

Quels marchés et quels logements sont les plus exposés à la correction ?

Les zones où l’offre s’étoffe, où les délais de vente s’allongent et où le budget des ménages est particulièrement dépendant du crédit sont les plus sensibles. Les marchés ayant connu de fortes hausses antérieures peuvent aussi connaître des ajustements plus visibles lorsque les acheteurs reprennent la main. Cela ne signifie pas que toute commune chère baissera davantage : l’emploi, les transports, l’offre scolaire, la rareté foncière et la qualité de vie soutiennent très différemment la demande locale.

À l’échelle d’un immeuble, les défauts spécifiques pèsent souvent plus qu’une tendance nationale. Des charges de copropriété élevées, une façade à refaire, un ascenseur à remplacer, des impayés importants, un ravalement voté ou une procédure en cours peuvent réduire fortement le nombre d’acquéreurs. Avant d’avancer un prix, il faut consulter les procès-verbaux d’assemblée générale, le carnet d’entretien, le montant des charges, le fonds travaux et les diagnostics disponibles.

Les passoires énergétiques et, plus largement, les logements nécessitant une rénovation lourde, sont particulièrement difficiles à valoriser sans chiffrage. Le coût dépend du bâti, de la copropriété, des aides éventuellement mobilisables et de la performance visée. Pour un investisseur, il faut également vérifier les règles de décence énergétique applicables à la mise en location, qui évoluent et doivent être contrôlées à la date du projet. Une décote pertinente n’est pas un pourcentage forfaitaire : elle correspond au coût des travaux, au risque, au temps et à la moindre liquidité du bien.

Comment savoir si la baisse annoncée est réelle ou seulement apparente ?

Les baromètres fondés sur les annonces renseignent rapidement sur les prix demandés, mais ils ne disent pas toujours à quel prix les ventes se concluent. Les données issues des actes notariés reflètent des transactions réelles, avec un décalage dans le temps. Les avant-contrats et les retours d’agences peuvent donner une indication plus récente, mais ils doivent être interprétés avec prudence. Croiser ces sources reste la meilleure méthode.

Écartez les comparaisons superficielles. Un prix au mètre carré moyen est un point de départ, jamais une expertise. Il doit être modulé par la surface, car les petites surfaces se paient souvent plus cher au mètre carré ; l’étage ; l’ascenseur ; l’exposition ; les extérieurs ; le stationnement ; l’état ; la copropriété ; les nuisances ; et, pour une maison, la qualité du terrain. Deux appartements de 60 m² dans le même quartier peuvent justifier des valeurs très éloignées.

La méthode en cinq étapes pour fixer ou vérifier un prix

  1. Délimitez le périmètre pertinent

    Retenez la même micro-localisation et des biens vendus récemment, avec une surface et un type comparables.

  2. Reconstituez le prix complet

    Distinguez le prix net vendeur, les honoraires d’agence, les frais d’acquisition, les travaux et le coût du crédit.

  3. Chiffrez les défauts objectivement

    Demandez des devis pour les travaux visibles et examinez les documents de copropriété avant toute offre.

  4. Mesurez la concurrence en cours

    Comparez le bien avec les annonces réellement alternatives, pas avec l’ensemble du quartier.

  5. Formulez une offre argumentée

    Présentez un prix, un financement crédible, des conditions précises et un calendrier de signature réaliste.

Faut-il vendre maintenant ou attendre une reprise des prix ?

Un vendeur ne doit pas raisonner sur son seul prix de cession. S’il revend pour acheter dans le même marché, une baisse peut être en partie neutre : il vend moins cher, mais achète potentiellement moins cher aussi. L’arbitrage dépend surtout de l’écart entre les deux biens. Une baisse de 5 % sur un petit logement revendu peut être moins pénalisante qu’une baisse équivalente sur la maison familiale achetée ensuite.

Attendre peut se justifier si le bien n’est pas contraint par une échéance et si sa présentation peut être améliorée : désencombrement, petites réparations, diagnostics à jour, devis de travaux ou clarification d’un dossier de copropriété. En revanche, maintenir un prix déconnecté du marché dans l’espoir d’un retournement expose à l’usure de l’annonce. Les acheteurs interrogent davantage la raison d’un long délai et cherchent une remise plus forte.

Baisser le prix maintenant ou attendre : le bon arbitrage

Ajuster rapidement

Quand le bien manque de visites ou d’offres sérieuses
  • Profite de la visibilité des premières semaines
  • Réduit le risque d’annonce « brûlée »
  • Facilite la synchronisation avec un futur achat
  • Suppose une estimation fondée sur des comparables solides

Attendre avant de vendre

Quand aucune échéance ne contraint le projet
  • Laisse du temps pour améliorer la présentation
  • Peut convenir à un bien rare et correctement valorisé
  • Exige de supporter charges, crédit et fiscalité plus longtemps
  • Ne doit pas servir à repousser une baisse nécessaire

Comment négocier une réduction sans surpayer ni rater le bien ?

L’acquéreur qui espère une baisse générale ne doit pas suspendre toute recherche. Le risque est de perdre un bien adapté à son besoin, alors que le gain futur de prix reste incertain. La capacité d’emprunt, le taux proposé, l’assurance, les frais d’acquisition et le coût des travaux doivent être considérés ensemble. Une baisse de prix ne compense pas toujours un financement moins favorable, et l’inverse est également vrai.

Une offre crédible n’est pas une offre arbitrairement basse. Elle expose les références de marché, les travaux identifiés, les particularités du logement et le plan de financement. Un acquéreur avec un apport démontré, un accord de principe bancaire et un calendrier clair peut être préféré à une offre légèrement plus élevée mais fragile. La condition suspensive d’obtention de prêt doit être rédigée avec soin dans l’avant-contrat : montant, durée, taux maximal et délai doivent correspondre au financement réellement recherché.

Côté vendeur, il faut répondre aux offres avec méthode. Une première offre sous le prix n’est pas nécessairement un signal de bradage ; elle peut révéler la perception du marché. Analysez sa solidité, demandez les éléments de financement par l’intermédiaire de l’agent ou du notaire, et négociez au besoin le prix, le calendrier ou certains éléments mobiliers dans le cadre légal. Le notaire sécurise l’avant-contrat et vérifie les titres, servitudes et documents nécessaires ; l’agent immobilier, lorsqu’il intervient, éclaire la commercialisation et les références locales.

La meilleure négociation ne consiste pas à attendre une baisse abstraite : elle consiste à chiffrer précisément ce qui sépare le bien convoité de sa valeur de marché et de votre budget finançable.

La rédaction d'Immobilier.fm

Questions fréquentes sur la baisse des prix immobiliers

Les prix de l’immobilier vont-ils forcément baisser jusqu’à la fin de l’année ?
Non. Une tendance baissière peut coexister avec des marchés locaux stables, voire avec une hausse sur certains biens rares. Les logements rénovés, bien placés et correctement tarifés résistent souvent mieux. Pour votre projet, regardez les ventes récentes de votre quartier, le stock d’annonces comparables et les délais de vente plutôt qu’une prévision nationale seule.
Quelle baisse de prix peut-on négocier sur un appartement ?
Il n’existe pas de pourcentage automatique. Sur un appartement correctement estimé, la marge peut être faible. Lorsqu’il est resté longtemps en vente ou qu’il présente des travaux, un DPE faible, de fortes charges ou des défauts de localisation, une décote de l’ordre de 3 à 8 % peut être discutée, parfois davantage. Elle doit être justifiée par des comparables et des devis.
Faut-il attendre 2025 pour acheter moins cher ?
Attendre n’est pertinent que si votre situation le permet et si le gain de prix espéré dépasse les coûts ou risques de l’attente. Vérifiez votre capacité d’emprunt actuelle, le coût global du crédit et la disponibilité des biens qui vous conviennent. Un logement acheté à un prix cohérent avec une négociation documentée peut être préférable à une hypothétique baisse future.
Comment vérifier qu’un bien est réellement trop cher ?
Comparez-le à des ventes signées récentes dans la même micro-zone, puis corrigez selon la surface, l’étage, l’état, l’extérieur, les charges et le DPE. Demandez les procès-verbaux d’assemblée générale, les diagnostics et les devis de travaux. Un prix au mètre carré moyen ne suffit pas : les caractéristiques de l’immeuble et du logement changent fortement la valeur.
Un mauvais DPE fait-il forcément baisser le prix d’un logement ?
Souvent, mais pas selon une règle fixe. Le DPE affecte les dépenses d’énergie, le financement des travaux, l’attractivité locative et les obligations applicables au bailleur. Son effet dépend de la faisabilité de la rénovation, de la copropriété et de la demande locale. Avant de négocier, faites chiffrer un scénario de travaux et vérifiez les règles en vigueur à la date de votre acquisition.

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