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« Je ne suis pas riche, mais j’ai acquis 8 propriétés » : L’incroyable parcours d’un enseignant de Jérusalem devenu expert en immobilier

Le parcours d’un enseignant de Jérusalem crédité de huit acquisitions rappelle qu’un patrimoine se construit surtout par le crédit, le temps et une gestion rigoureuse, mais qu’il ne constitue jamais une méthode transposable sans analyser revenus, dette et marché local.

Investisseur examinant ses plans de financement et des clés sur une table, devant un quartier résidentiel.
Investisseur examinant ses plans de financement et des clés sur une table, devant un quartier résidentiel.

Le récit d’un enseignant de Jérusalem ayant acquis huit propriétés ne permet pas, à lui seul, de reconstituer une stratégie financière : ni ses revenus, ni son niveau d’endettement, ni la valeur des actifs, ni les règles locales de financement ne sont documentés dans le titre. Il rappelle néanmoins un mécanisme bien réel : on peut construire un portefeuille immobilier sans être fortuné au départ, en combinant revenu régulier, crédit, apport progressif et conservation des biens sur une longue période.

Pour un investisseur français, le bon enseignement n’est donc pas de viser arbitrairement huit logements. Il consiste à comprendre ce qui rend une acquisition finançable, rentable et supportable après la signature. Une personne peut posséder plusieurs lots tout en ayant une forte dette, une trésorerie faible et des travaux à financer ; inversement, deux biens très bien situés et peu endettés peuvent former un patrimoine plus solide.

Le contexte de Jérusalem ne se transpose pas mécaniquement à la France : devise, fiscalité, droit locatif, prix, crédit et marchés sont différents. En revanche, un salaire stable — celui d’un enseignant comme celui de nombreux salariés — peut être un atout auprès d’une banque, à condition que le projet présente des comptes cohérents et que l’investisseur ne sous-estime pas les risques d’exploitation.

Que prouvent réellement huit acquisitions immobilières ?

Le nombre de propriétés est un indicateur spectaculaire, mais incomplet. Il faut séparer la valeur vénale des biens, le capital restant dû, les frais de revente, les impôts potentiels et la liquidité disponible. La différence entre valeur des actifs et dettes correspond, avant frais et fiscalité, au patrimoine net. C’est cet écart, et non le nombre de portes, qui renseigne sur l’enrichissement réel.

Un portefeuille peut aussi avoir été constitué de façons très différentes : achat d’un premier logement occupé, mise en location après un déménagement, petits appartements acquis successivement, indivision familiale, société civile immobilière ou revente d’un bien avec plus-value. Ces chemins n’ont ni le même risque ni les mêmes exigences de fonds propres. Affirmer qu’une personne est devenue « experte » parce qu’elle détient huit actifs serait donc abusif sans connaître sa performance nette, sa méthode et la tenue de ses risques.

Un salaire peut-il financer plusieurs investissements locatifs ?

Oui, mais il ne finance pas seul le projet. Les banques françaises apprécient d’abord la stabilité et la régularité des revenus, puis le reste à vivre, l’épargne résiduelle, la gestion des comptes, l’apport et la qualité du bien. Un fonctionnaire ou un salarié en contrat stable peut présenter un profil rassurant, mais cette situation ne dispense ni d’une capacité d’épargne ni d’un dossier correctement documenté.

La règle du Haut Conseil de stabilité financière fixe, en principe, un taux d’effort maximal de 35 %, assurance emprunteur comprise, et une durée de crédit maximale de 25 ans. Les banques disposent d’une marge de flexibilité limitée et appliquent leur propre politique de risque. Ces paramètres et leurs modalités doivent être vérifiés à la date de la demande de financement.

Ce que la banque examine pour un achat locatif successif
ÉlémentCe qui est analyséEffet sur le dossierPoint de vigilance
RevenusStabilité et anciennetéBase de remboursementPrimes non garanties peu retenues
Loyers existantsBaux et encaissementsRevenus partiellement intégrésVacance et impayés pèsent
Nouveau loyerCohérence avec le marchéSoutient la faisabilitéEstimation trop optimiste écartée
ÉpargneApport et réserveAbsorbe les imprévusNe pas vider toute la liquidité
EndettementMensualités globalesDétermine la margeAssurance incluse
Bien financéEmplacement et étatConditionne la reventeTravaux et DPE dégradé

Dans la pratique, beaucoup d’établissements ne retiennent qu’une fraction des loyers futurs ou déjà perçus, souvent autour de 70 %, mais ce pourcentage n’est pas une règle de droit : il varie selon la banque et le profil. D’autres raisonnent par différentiel entre les loyers et les charges de crédit. Un investisseur qui veut répéter les achats doit donc demander dès le départ quelle méthode de calcul sera appliquée, plutôt que d’extrapoler la réponse obtenue pour son premier prêt.

Quels calculs font la différence avant chaque nouvel achat ?

Le rendement brut permet un premier tri : il correspond au loyer annuel hors charges divisé par le coût total d’acquisition. Ce coût doit intégrer le prix, les frais de notaire, les frais de garantie et de dossier, les travaux nécessaires, le mobilier dans le cas d’une location meublée, et éventuellement les honoraires d’agence. Un rendement brut élevé dans une zone fragile ne compense pas forcément une vacance prolongée ou une revente difficile.

Le calcul utile est le cash-flow après impôt, autrement dit ce qu’il reste réellement, ou ce qu’il manque, une fois payés les loyers non encaissés, les charges de copropriété non récupérables, la taxe foncière, l’assurance propriétaire non occupant, l’entretien, la gestion locative, les intérêts et le capital du prêt, puis l’impôt. Il faut également provisionner les dépenses irrégulières : remplacement d’un chauffe-eau, ravalement, impayé, remise en état entre deux locataires ou appel de fonds en copropriété.

Établissez au moins trois scénarios : un scénario central fondé sur un loyer prudent, un scénario avec un mois de vacance et une réparation imprévue, puis un scénario dégradé comprenant une baisse de loyer à la relocation ou des travaux de copropriété. Si le projet ne tient qu’avec un loyer maximal et zéro incident, il est trop fragile pour servir de base à une stratégie d’accumulation.

Faut-il multiplier les petits biens ou concentrer son portefeuille ?

Il existe un arbitrage réel. Plusieurs petites surfaces diversifient le risque locatif : le départ d’un locataire ne fait pas tomber tous les revenus. Elles demandent toutefois davantage de gestion, de relocations, de mobilier éventuel et de suivi de copropriétés. À l’inverse, un bien plus grand ou un immeuble peut simplifier certains coûts, mais une vacance pèse plus lourd et l’entrée est souvent plus chère.

Deux logiques de constitution de portefeuille

Multiplier les petits lots

Diversifier les revenus locatifs
  • Vacance répartie entre plusieurs locations
  • Budget d’entrée souvent plus accessible
  • Gestion administrative plus lourde
  • Petites surfaces parfois plus exposées au turnover

Concentrer sur moins d’actifs

Simplifier le suivi patrimonial
  • Moins de baux et de copropriétés à suivre
  • Vacance plus sensible sur chaque actif
  • Montant unitaire et apport souvent plus élevés
  • Revente parfois plus dépendante d’un marché local

La diversification doit aussi porter sur les immeubles, les quartiers et les profils de locataires, sans s’éparpiller dans des marchés que vous ne connaissez pas. Accumuler huit studios dans le même immeuble ancien expose à un seul syndic, à un même programme de travaux et à une réglementation locale identique. La concentration peut être volontaire, mais elle doit être comprise et compensée par une réserve financière adaptée.

Quel cadre fiscal et réglementaire faut-il intégrer en France ?

Le choix entre location nue et meublée modifie la fiscalité, la gestion et les obligations. En location nue, les loyers relèvent des revenus fonciers ; au régime réel, certaines charges et les intérêts d’emprunt peuvent être déduits dans les conditions prévues par la loi. Le déficit foncier imputable sur le revenu global est plafonné en principe à 10 700 € par an, hors règles spécifiques liées à certaines rénovations énergétiques. Les modalités doivent être contrôlées au moment de déclarer.

En meublé, les revenus relèvent des bénéfices industriels et commerciaux. Le statut de loueur en meublé non professionnel, couramment appelé LMNP, peut permettre une comptabilité au réel comprenant l’amortissement dans les règles applicables. Mais la fiscalité de la revente a été modifiée pour les cessions réalisées depuis 2025, notamment sur le traitement des amortissements pour de nombreux biens : il faut faire chiffrer l’impact par un expert-comptable ou un notaire avant de choisir ce régime uniquement pour un avantage fiscal.

La qualité énergétique est devenue un point de financement comme d’exploitation. Les logements classés G ne peuvent plus être proposés à la location depuis 2025, et les logements F seront concernés à partir de 2028, sauf évolutions législatives ou cas particuliers. Avant toute offre, consultez le DPE, les procès-verbaux d’assemblée générale, le carnet d’entretien, le plan pluriannuel de travaux lorsqu’il existe, les appels de fonds et le règlement de copropriété. Une décote d’achat n’efface pas un chantier mal budgété.

Comment passer d’un premier bien à un portefeuille solide ?

Une méthode de progression en six décisions

  1. Fixez un objectif mesurable

    Définissez un effort d’épargne mensuel maximal, une durée de détention envisagée et votre niveau de disponibilité pour gérer. Le nombre de biens n’est pas un objectif suffisant.

  2. Assainissez votre capacité d’emprunt

    Évitez les crédits à la consommation inutiles, conservez une épargne de précaution et préparez relevés, avis d’imposition, bulletins de salaire, tableaux d’amortissement et baux.

  3. Choisissez un marché que vous pouvez contrôler

    Analysez les loyers effectivement pratiqués, la demande locative, les transports, les emplois, les prix de revente et les règles locales, pas seulement les annonces.

  4. Chiffrez le bien dans son état réel

    Visitez avec une grille : DPE, électricité, plomberie, toiture, parties communes, charges, travaux votés et conformité de l’usage locatif envisagé.

  5. Financez avec une marge de sécurité

    Mettez en concurrence plusieurs banques et courtiers, mais conservez des liquidités après l’achat. Ne fondez pas l’équilibre sur une renégociation future du prêt.

  6. Mesurez avant de répéter

    Après plusieurs mois d’exploitation, comparez les loyers encaissés, dépenses réelles, vacance et temps de gestion à votre prévision. Le bien suivant doit être financé par des données, pas par l’enthousiasme.

À quel moment faut-il arrêter d’acheter ?

La réponse est simple : lorsque l’achat suivant fragilise l’ensemble. Un investisseur doit ralentir si son reste à vivre dépend de loyers hypothétiques, si son épargne de sécurité disparaît, si des travaux lourds arrivent dans plusieurs copropriétés ou si la gestion devient approximative. Le risque n’est pas seulement bancaire : il est aussi juridique, fiscal, technique et humain.

Un portefeuille immobilier robuste ne se mesure pas à son nombre de lots, mais à sa capacité à absorber une vacance, un impayé, une réparation et une revente moins favorable que prévu.

La rédaction d'Immobilier.fm

Avant de viser une nouvelle acquisition, faites établir un bilan patrimonial : valeur prudente des biens, capital restant dû, échéancier des prêts, échéances de travaux, revenus nets réellement encaissés et fiscalité estimée. Un courtier peut éclairer la finançabilité, un notaire la structuration et la revente, un expert-comptable le régime fiscal, et un diagnostiqueur ou maître d’œuvre le risque technique. Leur intervention ne remplace pas votre décision, mais elle évite de bâtir une succession d’achats sur des hypothèses fragiles.

Questions fréquentes sur l’achat de plusieurs biens immobiliers

Peut-on acheter plusieurs appartements avec un salaire moyen ?
C’est possible, mais jamais automatique. Un salaire stable facilite l’accès au crédit, tandis que les loyers peuvent être pris en compte partiellement par la banque. Votre endettement, votre reste à vivre, votre épargne, la rentabilité réaliste du bien et les charges existantes décideront de la faisabilité. Commencez par faire simuler votre dossier avec des hypothèses de loyer prudentes.
Est-ce qu’avoir huit biens veut dire être millionnaire ?
Non. Il faut connaître la valeur des biens, le capital restant dû, les frais de vente, les impôts potentiels et la trésorerie disponible. Huit petites surfaces très endettées dans un marché peu liquide ne produisent pas le même patrimoine net que huit logements peu financés dans une zone demandée. Le nombre de biens ne renseigne pas seul sur la richesse.
Quel apport faut-il pour un investissement locatif ?
Il n’existe pas de montant légal obligatoire. Certaines banques peuvent financer une grande part du projet pour un excellent dossier, mais elles apprécient généralement que l’emprunteur puisse au moins absorber les frais d’acquisition et conserver une épargne de sécurité. Le niveau d’apport dépend du marché, du bien, de votre endettement et de la politique de l’établissement.
Est-il préférable d’investir en meublé ou en location nue ?
Le meublé peut générer un loyer supérieur et obéit à une fiscalité distincte, mais il impose plus d’équipement, de rotation potentielle et de suivi. La location nue est souvent plus simple à exploiter et vise des durées d’occupation plus longues. Comparez le cash-flow après impôt, le temps de gestion, la demande locale et les conséquences à la revente avant de choisir.
Le DPE peut-il empêcher de louer un logement acheté pour investir ?
Oui. Depuis 2025, un logement classé G ne peut en principe plus être mis en location dans le cadre d’un nouveau bail. Les logements F seront concernés à partir de 2028, sous réserve des évolutions des textes et de situations particulières. Vérifiez le DPE avant l’offre, chiffrezz les travaux de rénovation et consultez les documents de copropriété si l’amélioration dépend des parties communes.

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