Le prêt à taux zéro (PTZ) change d’échelle à compter du 1er avril 2025. Il est de nouveau ouvert à l’achat d’une maison individuelle neuve, et il finance aussi les appartements neufs sur l’ensemble du territoire, quelle que soit la zone où se situe le bien. Jusqu’ici, le dispositif était principalement concentré sur le logement collectif neuf dans les zones les plus tendues, ce qui excluait une large part des projets de construction de maisons.
Cette extension, prévue jusqu’au 31 décembre 2027, ne transforme pas le PTZ en droit automatique. Le ménage doit acheter sa résidence principale, respecter les conditions de primo-accession et de ressources, puis convaincre une banque de financer le solde de l’opération. Le prêt est sans intérêts, mais il ne couvre qu’une fraction réglementée du projet et s’additionne à un crédit immobilier classique.
Qui peut bénéficier du PTZ élargi à partir du 1er avril 2025 ?
La réforme vise les ménages qui achètent un logement neuf pour y vivre. Sont concernés l’achat en VEFA, l’acquisition d’un logement neuf achevé mais jamais occupé, ainsi que la construction d’une maison avec son terrain lorsque l’opération répond aux règles du PTZ. La nouveauté majeure est territoriale : une maison neuve située en zone B2 ou C, auparavant écartée du PTZ neuf, peut désormais être financée en partie par ce prêt.
La condition de base demeure la primo-accession. Vous ne devez pas avoir été propriétaire de votre résidence principale au cours des deux années précédant l’offre de prêt. Cette règle s’apprécie pour les emprunteurs concernés par l’achat. Des exceptions existent notamment en cas de handicap, d’invalidité, de perception de certaines allocations ou lorsque le logement principal est devenu inhabitable après une catastrophe. Elles doivent être documentées auprès de la banque.
Quel montant de PTZ peut financer une maison ou un appartement neuf ?
Le montant ne correspond pas à un pourcentage librement négocié du prix d’achat. La banque applique une quotité réglementaire au coût d’opération retenu dans la limite d’un plafond, puis tient compte de votre tranche de ressources. Les ménages aux revenus les plus modestes relèvent de la tranche 1 ; les ménages les plus proches des plafonds relèvent de la tranche 4. L’avantage reste plus élevé pour le collectif que pour la maison individuelle.
| Tranche de ressources | Appartement neuf | Maison neuve | Lecture pratique |
|---|---|---|---|
| Tranche 1 | 50 % | 30 % | Aide maximale |
| Tranche 2 | 40 % | 20 % | Aide élevée |
| Tranche 3 | 40 % | 20 % | Aide intermédiaire |
| Tranche 4 | 20 % | 10 % | Aide minimale |
Prenons un couple achetant un appartement neuf en zone B1 pour 280 000 €. Pour deux occupants, le plafond de coût d’opération retenu pour le PTZ est de 202 500 €. Si ce ménage relève de la tranche 2, son PTZ peut atteindre 40 % de cette base, soit 81 000 €, sous réserve de l’instruction complète du dossier. La part du prix au-delà du plafond n’augmente donc pas le PTZ : elle doit être couverte par l’apport ou par les autres prêts.
Appartement neuf ou maison neuve : l’arbitrage PTZ en 2025
Appartement neuf
- Montant de PTZ potentiellement plus important
- Pertinent dans les opérations de VEFA urbaines
- Prévoir charges de copropriété et calendrier de livraison
- Le prix au mètre carré peut réduire l’effet de l’aide
Maison individuelle neuve
- De nouveau éligible dans toutes les zones
- PTZ plus faible à revenu comparable
- Intégrer terrain, viabilisation et aléas de chantier
- Vérifier le coût global, pas seulement le prix constructeur
Les plafonds de revenus et le zonage disparaissent-ils vraiment ?
Non. Le zonage ne sert plus à exclure les maisons neuves ou les appartements neufs du dispositif, mais il conserve un rôle déterminant. Il fixe le plafond de ressources du foyer et le coût maximal pris en compte pour calculer le PTZ. Les plafonds sont plus élevés dans les zones A et B1, où les prix sont supposés plus élevés, que dans les zones B2 et C. La commune exacte doit être vérifiée au moment du montage, car son classement peut évoluer.
Les ressources prises en compte correspondent en principe au revenu fiscal de référence de l’année N-2 de toutes les personnes destinées à occuper le logement. Pour une offre de prêt émise en 2025, il s’agit donc généralement du revenu fiscal de référence figurant sur l’avis d’impôt 2024, relatif aux revenus 2023. La réglementation compare aussi ce revenu à un montant plancher calculé à partir du coût de l’opération divisé par neuf : le montant le plus élevé est retenu. Ce mécanisme peut faire sortir du PTZ un ménage dont les revenus déclarés sont faibles mais dont le projet est coûteux.
Quel plafond de coût sert de base au calcul ?
Le prix effectivement payé n’est pas toujours la base retenue. Le coût d’opération est plafonné selon la zone et le nombre d’occupants. Le tableau ci-dessous donne les plafonds applicables à quelques configurations courantes. Les paramètres réglementaires, comme le classement de la commune, doivent être contrôlés à la date de l’offre de prêt.
| Zone | 1 occupant | 2 occupants | 4 occupants |
|---|---|---|---|
| A | 150 000 € | 225 000 € | 315 000 € |
| B1 | 135 000 € | 202 500 € | 283 500 € |
| B2 | 110 000 € | 165 000 € | 231 000 € |
| C | 100 000 € | 150 000 € | 210 000 € |
Le PTZ finance-t-il aussi un logement ancien ou des travaux ?
L’extension du 1er avril 2025 concerne d’abord le logement neuf. Elle ne rend pas, pour autant, tous les logements anciens éligibles partout en France. Le PTZ dans l’ancien avec travaux demeure une voie distincte : il vise les biens situés en zones B2 ou C et impose que les travaux représentent au moins 25 % du coût total de l’opération. Après travaux, le logement doit atteindre un niveau de performance énergétique requis par la réglementation, en pratique compatible avec un DPE de classe A à D.
Un appartement ancien acheté sans programme de travaux conséquent ne devient donc pas éligible grâce à la réforme. Il faut aussi distinguer le neuf fiscal ou juridique d’un bien simplement rénové : un logement ancien remis au goût du jour n’est pas automatiquement un logement neuf au sens du PTZ. Les ventes de logements sociaux à leurs occupants, le bail réel solidaire et certaines opérations particulières relèvent de règles propres qui nécessitent une étude du dossier.
Comment le PTZ se rembourse-t-il et quel est son vrai coût ?
Le PTZ porte bien un taux d’intérêt nominal de 0 %, mais il ne supprime ni le crédit principal, ni l’assurance emprunteur, ni les frais de garantie. Sa durée dépend de la tranche de ressources et peut comporter un différé de remboursement pour les ménages les moins favorisés. Pendant ce différé, vous remboursez surtout le prêt principal ; lorsque le PTZ commence à s’amortir, votre mensualité totale peut augmenter. C’est ce profil de mensualités, et non le seul montant du PTZ, qu’il faut examiner.
La banque reste libre d’accorder ou de refuser le financement complet après analyse de votre solvabilité, de votre reste à vivre, de la stabilité de vos revenus et de la valeur du bien. Le TAEG doit être comparé sur l’ensemble du montage. Un PTZ élevé ne compense pas un crédit principal mal négocié, une assurance chère ou une mensualité future incompatible avec votre budget.
Comment préparer un dossier PTZ solide avant l’achat ?
Les six vérifications à réaliser avant de réserver
Qualifier le bien
Demandez au promoteur, au constructeur ou au vendeur les éléments prouvant le caractère neuf de l’opération et, pour une maison, isolez clairement le terrain et la construction.
Contrôler la zone
Identifiez le classement A, B1, B2 ou C de la commune. Il agit sur les plafonds même si le neuf est désormais éligible sur tout le territoire.
Réunir les avis d’impôt
Préparez les avis d’impôt de toutes les personnes appelées à vivre dans le logement, ainsi que les justificatifs d’éventuelles situations dérogatoires.
Calculer le coût complet
Ajoutez au prix les frais certains du projet : garanties, assurance, travaux non inclus, raccordements, frais d’acquisition et dépenses de déménagement ou d’équipement.
Comparer deux plans de financement
Demandez un échéancier avec et sans différé de PTZ. Comparez les mensualités de départ, celles qui suivent le différé et le coût total du crédit principal.
Sécuriser les clauses du contrat
Insérez une condition suspensive d’obtention de prêt réaliste, portant sur le montant total nécessaire et non uniquement sur le PTZ.
Questions fréquentes sur le PTZ à partir d’avril 2025
Le PTZ est-il disponible partout en France depuis le 1er avril 2025 ?
Puis-je obtenir un PTZ pour faire construire une maison en 2025 ?
Quel revenu ne faut-il pas dépasser pour avoir droit au PTZ ?
Le PTZ peut-il financer les frais de notaire et la totalité de mon achat ?
Si j’ai déjà signé un compromis, puis-je profiter des nouvelles règles du PTZ ?
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