Le réseau .fm
Immobilier.fm La fréquence
de l'immobilier
Diagnostics immobiliers

Immobilier : Anticipez la nécessité de mettre à jour votre DPE avant janvier 2025

À partir du 1er janvier 2025, un DPE réalisé avant le 1er juillet 2021 ne pourra plus être utilisé pour vendre ou relouer un logement : vérifiez sa date, anticipez le rendez-vous et préparez les conséquences d’une éventuelle note F ou G.

Diagnostiqueur contrôlant un radiateur et une fenêtre dans un appartement ancien avant un nouveau DPE.
Diagnostiqueur contrôlant un radiateur et une fenêtre dans un appartement ancien avant un nouveau DPE.

Le 1er janvier 2025 marque la fin de validité des derniers diagnostics de performance énergétique établis selon l’ancienne méthode. Sont concernés les DPE réalisés entre le 1er janvier 2018 et le 30 juin 2021. À cette date, ils ne pourront plus figurer valablement dans un dossier de vente ou de location, même s’ils avaient initialement été remis il y a moins de dix ans.

Il ne s’agit pas d’une obligation générale de refaire immédiatement le diagnostic de chaque logement. En revanche, un propriétaire qui envisage de vendre, de remettre un bien sur le marché locatif, de signer un nouveau bail ou de renouveler un contrat doit disposer d’un DPE en cours de validité. Attendre le dernier moment expose à une indisponibilité du diagnostiqueur et, surtout, à la découverte tardive d’une étiquette pénalisante.

Le terme de « mise à jour » est trompeur : un ancien DPE ne se corrige pas. Il faut commander un nouveau diagnostic, réalisé avec la méthode en vigueur depuis le 1er juillet 2021. Celle-ci repose sur les caractéristiques physiques du logement et non plus sur les seules factures d’énergie de ses occupants.

Pourquoi les DPE d’avant juillet 2021 expirent-ils tous fin 2024 ?

La réforme entrée en vigueur le 1er juillet 2021 a profondément changé le DPE. Le diagnostic repose désormais sur une méthode de calcul conventionnelle, dite 3CL, qui intègre notamment l’isolation, les menuiseries, le système de chauffage, la production d’eau chaude, la ventilation, le refroidissement éventuel et les émissions de gaz à effet de serre. La consommation théorique est calculée pour un usage standardisé du logement.

L’ancien diagnostic pouvait, selon les cas, s’appuyer sur les factures d’énergie. Il dépendait alors fortement des habitudes des occupants : température de chauffe, pièces utilisées, périodes d’absence ou composition du foyer. La comparaison entre logements en était moins robuste. Le nouveau DPE affiche une double information, énergie et climat, et l’étiquette finale est déterminée par la plus mauvaise des deux performances.

Depuis cette réforme, le DPE est opposable, à l’exception de ses recommandations de travaux. Un acheteur ou un locataire peut donc, sous certaines conditions, engager la responsabilité du vendeur, du bailleur ou du professionnel en cas d’information erronée. C’est précisément pour basculer vers ce cadre unifié que les anciennes durées de validité ont été raccourcies.

Durée de validité des DPE selon leur date d’établissement
Date d’établissementValidité maximaleSituation au 1er janvier 2025Action à prévoir
Avant le 1er janvier 2013Déjà expiréInutilisableRefaire le DPE
Du 1er janvier 2013 au 31 décembre 201731 décembre 2022Déjà expiréRefaire le DPE
Du 1er janvier 2018 au 30 juin 202131 décembre 2024ExpiréRefaire le DPE
Depuis le 1er juillet 202110 ans en principeValide si non expiréConserver ou actualiser après travaux

Dans quels cas faut-il refaire le DPE avant janvier 2025 ?

Si aucune transaction et aucune nouvelle location ne sont prévues, un propriétaire n’est pas tenu de commander un DPE au seul motif que l’ancien arrive à échéance. Le diagnostic est requis pour informer l’acquéreur ou le locataire, non pour détenir en permanence un document administratif à jour. Mais cette attente n’est pertinente que si le calendrier du projet est réellement incertain.

Pour une vente, le DPE doit être disponible dès la commercialisation : ses étiquettes énergie et climat doivent apparaître dans l’annonce immobilière. Le document est ensuite intégré au dossier de diagnostic technique annexé à la promesse de vente ou, à défaut, à l’acte authentique. Un DPE expiré complique donc la mise en publicité et fragilise l’information remise à l’acquéreur.

Pour la location, le DPE est annexé au bail lors de sa signature. Il doit aussi servir à renseigner l’annonce. En cas de relocation, de nouveau bail ou de renouvellement à venir, il est prudent de l’anticiper. Un DPE collectif de copropriété, lorsqu’il existe, ne remplace pas le DPE individuel nécessaire pour louer ou vendre un appartement.

Faut-il attendre l’échéance ou refaire le DPE dès l’automne 2024 ?

Attendre si aucun projet n’est fixé

Un choix possible, mais peu souple
  • Pas de dépense immédiate en l’absence de vente ou de relocation.
  • Risque de délai si un projet se déclenche rapidement.
  • Aucune visibilité sur l’étiquette qui s’appliquera en 2025.
  • Peu adapté à un logement ancien ou potentiellement F ou G.

Anticiper le nouveau DPE

Une décision de pilotage du bien
  • Diagnostic disponible pour une vente ou une annonce sans délai.
  • Temps pour analyser une note F ou G et chiffrer les priorités.
  • Meilleure préparation du dossier de financement des travaux.
  • Coût à engager sans certitude de transaction immédiate.

Que risque un vendeur avec un DPE expiré ?

Le premier risque est opérationnel : l’annonce ne peut pas afficher correctement les informations réglementaires et l’acquéreur ne dispose pas d’une donnée fiable sur la performance du bien. Dans la pratique, l’agent immobilier ou le notaire demandera un document valide avant de finaliser le dossier. Une vente peut être retardée alors que les autres diagnostics sont prêts.

Le second risque est juridique. Le DPE fait partie de l’information déterminante dans une décision d’achat, en particulier lorsque le coût des travaux et la capacité à louer le bien pèsent sur son prix. Le vendeur doit transmettre le dossier de diagnostic technique dans les conditions requises. Se contenter d’un ancien document expiré ne permet pas de satisfaire cette obligation.

Les propriétaires de maisons individuelles ou d’immeubles en monopropriété classés F ou G doivent aussi intégrer l’audit énergétique réglementaire à leur calendrier de vente. Cet audit, distinct du DPE, présente des scénarios de travaux. À compter du 1er janvier 2025, son champ doit s’étendre aux biens classés E. Les règles applicables doivent être vérifiées à la date de mise en vente, car ce calendrier peut évoluer.

Quelles conséquences pour louer un logement classé G en 2025 ?

En France métropolitaine, les logements classés G au DPE sont intégrés au critère de décence énergétique à partir du 1er janvier 2025. Un logement concerné ne peut plus être proposé à la location dans le cadre d’un nouveau bail, d’un renouvellement ou d’une reconduction du bail selon les situations prévues par la loi. Le calendrier de sortie progressive des passoires thermiques doit être vérifié au moment du projet, notamment pour les règles propres à l’outre-mer.

Le bail en cours ne s’éteint pas automatiquement le 1er janvier 2025. En revanche, le propriétaire ne doit pas considérer ce bail comme une protection durable. Le locataire peut se prévaloir des exigences de décence énergétique selon le cadre applicable, et la remise en location deviendra impossible sans amélioration si le logement est effectivement classé G. Les logements F sont visés à partir de 2028, puis les E à partir de 2034, sous réserve des textes applicables à ces dates.

Depuis août 2022, un logement classé F ou G est par ailleurs soumis au gel des loyers en métropole dans les situations prévues par la réglementation : relocation, nouveau bail, renouvellement ou révision. Le DPE est donc devenu un élément de rendement locatif, pas seulement un indicateur environnemental. Pour un bailleur, refaire le diagnostic avant l’échéance permet de distinguer un simple risque administratif d’un véritable besoin de rénovation.

Comment commander un DPE valable et exploitable ?

Choisissez un diagnostiqueur certifié pour le DPE, assuré pour cette activité et indépendant des entreprises susceptibles de réaliser les travaux. Le tarif est libre : il dépend notamment de la surface, de la typologie, de la localisation et de la complexité du bien. À titre indicatif, le coût est souvent de l’ordre de 100 à 250 € pour un logement courant, mais un devis reste indispensable.

Préparez les documents utiles avant la visite : année de construction, plans et surfaces, factures ou descriptifs des travaux, références des fenêtres, isolation connue, systèmes de chauffage et d’eau chaude, ventilation, ainsi que les documents de copropriété utiles pour un appartement. Ces éléments n’autorisent pas le diagnostiqueur à supposer une performance : ils lui permettent de retenir les caractéristiques justifiées plutôt que des valeurs par défaut défavorables.

La méthode pour éviter un DPE imprécis ou tardif

  1. Vérifiez la date de l’ancien document

    Repérez la date d’établissement, pas seulement sa date de remise. Si elle est antérieure au 1er juillet 2021, prévoyez un nouveau DPE pour tout projet après le 31 décembre 2024.

  2. Réunissez les preuves techniques

    Classez devis, factures, notices, procès-verbaux de réception et informations sur les matériaux. Une simple déclaration orale sur l’isolation ne suffit pas toujours.

  3. Demandez un devis à un opérateur certifié

    Vérifiez que la prestation vise bien le DPE du logement concerné et que le professionnel est couvert par une assurance responsabilité civile professionnelle.

  4. Accompagnez la visite si possible

    Signalez les travaux invisibles, l’accès aux combles, au local technique ou aux équipements collectifs. Le diagnostiqueur reste seul responsable de ses constats et calculs.

  5. Contrôlez le rapport reçu

    Vérifiez l’adresse, la surface, les équipements, les photographies et les travaux connus. En cas d’erreur factuelle documentée, demandez une correction sans attendre.

Faut-il réaliser des travaux avant de refaire son DPE ?

La réponse dépend du projet et de l’état probable du logement. Si une chaudière est en panne, si des combles restent manifestement non isolés ou si des fenêtres très dégradées doivent être remplacées, réaliser les travaux avant le DPE évite de payer deux diagnostics et permet de valoriser immédiatement le gain obtenu. En revanche, reporter un diagnostic nécessaire à une vente imminente uniquement dans l’espoir d’améliorer une note peut bloquer le calendrier.

Le bon ordre consiste souvent à faire établir le DPE dès lors qu’il est requis, puis à utiliser ses données pour hiérarchiser les travaux. Les recommandations annexées au rapport ne constituent pas un devis ni un audit complet. Pour une rénovation conséquente, demandez une étude ou un audit énergétique, notamment si vous recherchez une aide publique ou souhaitez atteindre une classe cible.

Prioriser les actions selon la situation révélée par le DPE
SituationPrioritéAction pertinenteEffet attendu
Étiquette A à DInformationConserver le DPE valideCommercialisation sécurisée
Étiquette EAnticipationÉtudier un parcours de rénovationPréparer l’échéance locative future
Étiquette FRendement locatifChiffrer isolation et systèmesLimiter le gel des loyers et anticiper 2028
Étiquette GUrgence locativeAuditer et programmer les travauxRendre le bien louable ou arbitrer
Données techniques inconnuesFiabilitéRéunir les justificatifsÉviter des valeurs par défaut

Comment contester ou vérifier un nouveau DPE ?

Commencez par contrôler les éléments objectifs : surface de référence, adresse, année de construction, nombre de niveaux, équipements installés, type d’énergie, isolation déclarée et menuiseries. Une erreur de surface, de système de chauffage ou de ventilation peut modifier le calcul. Le rapport comporte aussi un numéro d’identification permettant sa consultation dans l’observatoire officiel des DPE.

Si vous disposez de documents établissant une erreur, adressez une réclamation écrite et précise au diagnostiqueur, avec les pièces justificatives. Une modification peut être réalisée lorsque l’erreur est avérée. En cas de désaccord persistant et d’enjeu significatif, notamment avant une vente ou une location, un second avis auprès d’un autre diagnostiqueur ou un conseil juridique peut être envisagé. Ne modifiez jamais vous-même le rapport et ne retenez pas uniquement l’étiquette qui vous arrange.

Questions fréquentes sur l’expiration des DPE avant 2025

Mon DPE date de 2020 : est-il encore valable en janvier 2025 ?
Non. Tous les DPE établis entre le 1er janvier 2018 et le 30 juin 2021 expirent le 31 décembre 2024. À partir du 1er janvier 2025, vous devrez faire réaliser un nouveau DPE pour vendre ou louer le logement, même si votre ancien rapport mentionnait une durée de dix ans.
Dois-je refaire mon DPE si je n’ai pas l’intention de vendre ou de louer ?
Non, l’expiration du DPE ne crée pas à elle seule une obligation de diagnostic immédiat. Vous devrez toutefois en commander un nouveau avant une mise en vente, une nouvelle location ou une opération nécessitant un DPE valide. L’anticiper reste utile si votre bien risque d’être classé F ou G.
Un DPE expiré peut-il être utilisé pour signer une promesse de vente ?
Il ne doit pas servir de document réglementaire pour sécuriser l’information de l’acquéreur. Le DPE valide fait partie du dossier de diagnostic technique et ses étiquettes doivent être disponibles dès l’annonce. En pratique, faites établir un nouveau diagnostic avant la commercialisation pour éviter un retard ou un litige.
Puis-je louer en 2025 avec un ancien DPE noté F ?
Un DPE établi avant le 1er juillet 2021 est expiré au 1er janvier 2025 et ne suffit plus. Faites réaliser un nouveau diagnostic. Si le logement est classé F selon la méthode actuelle, il reste en principe louable en 2025, mais le loyer est encadré par le gel applicable aux F et G et l’échéance de 2028 approche.
Un logement classé G doit-il être vendu ou rénové avant janvier 2025 ?
La vente d’un logement G reste possible. En revanche, sa location est fortement affectée : en métropole, les logements G entrent dans le critère de non-décence énergétique à compter du 1er janvier 2025. Pour vendre une maison ou un immeuble en monopropriété G, un audit énergétique réglementaire est également requis.
Combien coûte un nouveau DPE et qui doit le payer ?
Le prix est libre et varie selon le bien et la région ; pour un logement courant, il se situe souvent de l’ordre de 100 à 250 €. En vente, il est payé par le vendeur. En location, il incombe au bailleur : le coût du diagnostic ne peut pas être facturé au locataire.

À lire ensuite

Diagnostics immobiliers
L'infolettre

Le marché immobilier, décrypté chaque semaine

Une sélection courte : ce qui bouge sur les prix et les taux, les échéances réglementaires à ne pas manquer, et l'analyse qui vaut le détour.

Gratuit, un envoi par semaine, désinscription en un clic. Votre adresse ne sert qu'à cet envoi.