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Est-ce que les appartements sont la prochaine cible des difficultés dans le secteur immobilier ? Découvrez pourquoi cela pourrait être le cas !

Les appartements ne forment pas un marché homogène : la hausse du coût du crédit, les contraintes du DPE et les travaux de copropriété peuvent pénaliser fortement certains biens, tandis que les logements bien situés et techniquement sains conservent des appuis solides.

Acquéreur examinant des documents dans la cour d’un immeuble ancien en copropriété nécessitant des travaux.
Acquéreur examinant des documents dans la cour d’un immeuble ancien en copropriété nécessitant des travaux.

Oui, certains appartements peuvent devenir le segment le plus exposé lorsque le marché immobilier se retourne, mais tous les appartements ne sont pas concernés de la même manière. Les petites surfaces très énergivores, les lots assortis de charges élevées ou situés dans une copropriété qui doit financer de lourds travaux concentrent plusieurs risques : crédit plus difficile à obtenir, rentabilité locative dégradée et revente moins fluide.

À l’inverse, un appartement bien placé, correctement isolé, dans un immeuble entretenu et avec des charges cohérentes conserve un bassin d’acheteurs large : ménages occupants, investisseurs et parfois acquéreurs sans financement bancaire. Le bon raisonnement n’est donc pas de demander si « l’appartement » va baisser, mais d’identifier les caractéristiques qui réduisent sa liquidité.

Le prix affiché ne suffit plus à évaluer le risque. Dans l’ancien, l’acquéreur calcule désormais son taux d’effort mensuel, le coût potentiel du ravalement ou de la rénovation énergétique, les restrictions de location et la faculté de revendre dans quelques années. Cette sélection plus sévère peut créer des écarts très importants au sein d’une même rue.

Pourquoi les appartements peuvent-ils être plus vulnérables lors d’un ralentissement ?

Le marché des appartements dépend largement du financement bancaire. Une part importante des acheteurs est composée de primo-accédants, de ménages qui changent de logement et d’investisseurs locatifs. Lorsque les taux de crédit montent ou que les banques durcissent leurs critères, ces publics voient leur enveloppe d’achat diminuer. Le vendeur peut maintenir son prix quelque temps, mais le nombre de visites et d’offres se contracte ; la négociation finit alors par s’imposer.

L’appartement supporte aussi des coûts que l’acheteur ne maîtrise pas seul. Dans une maison, le propriétaire décide directement d’une grande partie des travaux. En copropriété, les décisions relèvent de l’assemblée générale, les dépenses sont réparties selon les tantièmes et un appel de fonds peut intervenir après l’acquisition. Une façade à reprendre, une toiture à restaurer, un chauffage collectif à moderniser ou un ascenseur à remplacer peuvent modifier brutalement le budget réel d’un lot.

Enfin, la demande se fragmente. Les investisseurs évitent les logements dont la mise en location est limitée par leur étiquette énergétique. Les familles peuvent écarter les petites surfaces mal distribuées. Les acquéreurs occupants deviennent plus attentifs au bruit, à l’absence d’extérieur, au télétravail et aux charges. Ce phénomène ne signifie pas qu’il n’existe plus de demande ; il signifie que la demande devient beaucoup plus sélective.

Quels appartements risquent de perdre le plus facilement des acheteurs ?

Les biens les plus exposés cumulent généralement plusieurs défauts plutôt qu’un seul. Une chambre de bonne bien située peut encore séduire si elle est saine, louable et fonctionnelle. En revanche, une petite surface classée F ou G, sombre, avec des charges élevées et une rénovation collective imminente, s’adresse à un nombre réduit d’acquéreurs. Or, quand les candidats sont rares, le vendeur perd sa capacité à imposer son prix.

Le DPE est devenu un filtre déterminant, surtout pour l’investissement locatif. En France métropolitaine, les logements classés G ne peuvent plus être proposés à la location au titre d’un nouveau bail depuis le 1er janvier 2025. Sauf évolution législative à vérifier à la date de lecture, le calendrier prévoit ensuite les logements F en 2028 et E en 2034. Un propriétaire bailleur doit donc estimer non seulement le coût des travaux privatifs, mais aussi leur compatibilité avec les règles de copropriété et l’état thermique global de l’immeuble.

Profils d’appartements et sensibilité potentielle dans un marché plus sélectif
Profil du bienDemande potentiellePoint de vigilanceCapacité à défendre le prix
T2 rénové, DPE correct, près des transportsLarge : occupants et bailleursPrix déjà élevé, nuisances localesPlutôt élevée
Studio F ou G à rénoverRéduite, surtout pour louerInterdiction future ou actuelle de louer selon la classeFaible à moyenne
Grand logement familial bien distribuéDépend du quartier et des écolesBudget de crédit élevéMoyenne à élevée
Lot avec fortes charges collectivesRéduiteChauffage, gardien, ascenseur, travauxFaible
Appartement dans copropriété dégradéeTrès réduiteImpayés, administration provisoire, gros œuvreFaible
Logement récent ou rénové énergétiquementLargeQualité réelle des prestationsÉlevée

La surface n’est donc pas le seul critère. Le dernier étage sans ascenseur peut être recherché dans un immeuble de caractère, mais devenir rédhibitoire pour une clientèle familiale. Un rez-de-chaussée peut convenir à un investisseur si l’usage locatif est autorisé et que la sécurité est satisfaisante, mais il sera plus difficile à revendre si l’intimité ou la luminosité font défaut. Il faut apprécier le bien selon sa clientèle naturelle, et non à partir d’un prix moyen de quartier.

Comment le crédit immobilier transforme-t-il la baisse de solvabilité en pression sur les prix ?

Le mécanisme est simple : à mensualité identique, un taux plus élevé permet d’emprunter moins. Pour un ménage, l’enjeu n’est pas seulement le prix du logement, mais le total formé par le capital emprunté, les intérêts, l’assurance emprunteur, les frais d’acquisition et les éventuels travaux. Dans l’ancien, les frais d’acquisition sont couramment de l’ordre de 7 % à 8 % du prix, hors financement des travaux ; ce niveau doit être intégré dès le compromis.

Les banques examinent aussi le taux d’endettement, généralement plafonné à 35 % des revenus nets avant impôt, assurance comprise, ainsi que la durée du prêt, en principe limitée à 25 ans hors différé admis dans certaines opérations. Ces règles et leurs exceptions doivent être vérifiées à la date du dossier. Un refus de financement ou une capacité réduite ne fait pas disparaître le besoin de se loger : il déplace souvent la recherche vers des surfaces plus petites, des secteurs moins centraux ou des biens nécessitant moins de travaux.

Pour le vendeur, le signal important n’est pas l’absence totale de visiteurs mais l’écart entre les visites et les offres finançables. Une offre basse assortie d’un accord de principe bancaire peut être plus solide qu’une offre au prix formulée sans étude de financement. Pour l’acheteur, une négociation rationnelle se fonde sur le coût complet du projet, pas sur la seule baisse souhaitée du prix affiché.

DPE et copropriété : pourquoi le risque est-il plus complexe en appartement ?

Améliorer la performance d’un appartement suppose parfois des travaux privatifs simples : remplacement d’un chauffage électrique ancien, isolation d’un mur donnant sur un volume non chauffé, menuiseries, ventilation. Mais une partie des déperditions dépend des éléments communs : toiture, façades, planchers bas, réseaux, chaufferie collective. Le propriétaire ne peut pas décider seul de ces travaux et leur programmation peut s’étaler sur plusieurs années.

Depuis les évolutions du droit de la copropriété, le projet de plan pluriannuel de travaux, ou PPPT, peut être requis dans les copropriétés de plus de quinze ans selon un calendrier lié à leur taille, sauf exception notamment lorsque le diagnostic technique global ne révèle aucun besoin. Le fonds de travaux est également obligatoire dans de nombreuses copropriétés, avec des exonérations possibles. Ces règles comme les seuils doivent être contrôlés auprès du syndic, car leur application dépend de la situation de l’immeuble et du droit en vigueur.

Un acquéreur doit distinguer la dépense déjà votée, qui est en principe supportée par celui qui est copropriétaire au moment où l’appel de fonds devient exigible, et la répartition négociée entre vendeur et acheteur dans l’acte de vente. Une clause peut modifier la répartition économique entre les parties, mais elle ne s’impose pas nécessairement au syndicat des copropriétaires. Le notaire sécurise ce point à partir de l’état daté et des informations transmises par le syndic.

Arbitrage : appartement ancien énergivore ou logement performant

Ancien à rénover

Prix d’entrée souvent plus négociable
  • Potentiel de valorisation si les travaux sont maîtrisés
  • Travaux privatifs et collectifs à chiffrer avant l’offre
  • Risque locatif élevé si le DPE reste incompatible avec le calendrier
  • Délais, votes de copropriété et autorisations possibles

Bien performant ou rénové

Prix d’entrée souvent plus élevé
  • Bassin d’acheteurs et de locataires plus large
  • Factures énergétiques et contraintes réglementaires mieux anticipées
  • Vérifier la qualité réelle des travaux et les garanties
  • Moins de marge de négociation dans les secteurs recherchés

Quels signaux permettent de distinguer une baisse générale d’un bien devenu difficile à vendre ?

Un marché baissier affecte de nombreux biens d’un secteur : délais de commercialisation qui s’allongent, baisses de prix répétées, écart croissant entre les annonces et les transactions, conditions de financement plus restrictives. Un bien spécifique devient difficile à vendre lorsque les appartements comparables trouvent preneur mais que le sien ne suscite que des visites sans offre, ou des offres systématiquement très décotées.

Il faut alors chercher la cause précise. Une mauvaise présentation se corrige. Un prix surestimé se réajuste. En revanche, une servitude, un défaut de luminosité durable, une mauvaise étiquette énergétique, une copropriété endettée ou une procédure judiciaire sont des facteurs structurels. Ils ne condamnent pas nécessairement la vente, mais obligent à adapter le prix, le calendrier et le discours de transparence.

  • Comparez les biens réellement vendus, pas uniquement les annonces encore en ligne.
  • Analysez le nombre de jours de commercialisation et les réductions de prix déjà pratiquées.
  • Demandez le DPE complet, ses recommandations et les factures de travaux disponibles.
  • Lisez les procès-verbaux d’assemblée générale sur au moins trois exercices.
  • Contrôlez les charges courantes, les impayés, les contentieux et les travaux votés ou envisagés.
  • Évaluez séparément la valeur du logement aujourd’hui et le coût pour le rendre compétitif demain.

Comment évaluer un appartement avant d’acheter, vendre ou investir ?

L’objectif est d’établir un prix de décision, différent du prix affiché. L’acheteur y incorpore le financement et les travaux. Le vendeur y mesure la décote nécessaire pour attirer une clientèle solvable. L’investisseur y ajoute la rentabilité nette après charges non récupérables, fiscalité, vacance, entretien et risque réglementaire. Une rentabilité brute calculée en divisant le loyer annuel par le prix d’achat ne suffit jamais à apprécier la sécurité d’un projet.

La méthode de vérification en six étapes

  1. Définir la clientèle du bien

    Identifiez qui peut l’acheter ou le louer : étudiant, couple, famille, investisseur, senior. Un bien qui ne correspond clairement à personne est plus risqué.

  2. Comparer les transactions pertinentes

    Retenez des ventes récentes de même micro-secteur, surface, étage, état et caractéristiques de copropriété. Les moyennes départementales sont trop générales.

  3. Calculer le coût total

    Ajoutez prix, frais d’acquisition, crédit, travaux privatifs, mobilier éventuel et provision réaliste pour les dépenses collectives.

  4. Auditer la copropriété

    Demandez règlement de copropriété, fiches financières, procès-verbaux d’assemblée générale, carnet d’entretien, diagnostics et état daté lorsque vous êtes avancé dans le projet.

  5. Tester le scénario DPE

    Vérifiez le classement, les travaux techniquement possibles et leur effet attendu. Pour louer, confrontez le résultat au calendrier d’interdiction applicable.

  6. Prévoir une porte de sortie

    Demandez-vous à quel prix, dans quel délai et à quelle clientèle vous pourriez revendre si votre situation change. Cette question est centrale pour les biens atypiques.

Que doivent faire les vendeurs et les investisseurs face à ce tri du marché ?

Le vendeur a intérêt à documenter son appartement avant même la mise en vente. Un dossier clair sur les charges, les travaux récents, les décisions d’assemblée générale, le DPE et les équipements réduit l’incertitude qui alimente les négociations. Si des travaux importants sont déjà connus, les dissimuler est contre-productif : l’acquéreur les découvrira lors de la promesse ou par l’intermédiaire de son notaire, avec un risque de renégociation plus marqué.

L’investisseur doit être particulièrement prudent avec les logements énergivores. Un prix bas peut paraître attractif, mais il faut vérifier si le gain de classement est atteignable sans intervention sur des parties communes. Il convient aussi de calculer la trésorerie nécessaire en cas de vacance, de travaux ou d’appel de fonds. Le régime fiscal choisi, location nue ou meublée, ne compense pas un actif dont l’usage locatif devient juridiquement contraint.

Les appartements ne sont donc pas mécaniquement la prochaine victime du marché immobilier. Ils deviennent un marché à deux vitesses : d’un côté, les logements faciles à financer, habiter ou louer ; de l’autre, ceux qui exigent du capital, du temps et une gestion technique de copropriété. Dans cette seconde catégorie, le prix d’achat doit rémunérer le risque réel du projet.

Questions fréquentes

Est-ce que le prix des appartements va forcément baisser ?
Non. L’évolution dépend du quartier, de l’offre locale, du crédit et de la qualité du bien. Dans un même secteur, un appartement bien entretenu, performant sur le plan énergétique et situé dans une copropriété saine peut mieux résister qu’un lot avec de fortes charges ou des travaux lourds à venir. Il faut raisonner par type de bien, pas par moyenne nationale.
Un mauvais DPE fait-il vraiment baisser le prix d’un appartement ?
Il peut entraîner une décote, surtout lorsque le logement est destiné à la location. Le futur propriétaire anticipe le coût des travaux, leur faisabilité en copropriété et les restrictions progressives de location. L’effet dépend toutefois du potentiel d’amélioration, de l’emplacement et de la rareté du bien. Un DPE faible n’a pas la même conséquence dans tous les marchés.
Quels documents demander avant d’acheter un appartement en copropriété ?
Demandez au minimum le règlement de copropriété, les procès-verbaux des trois dernières assemblées générales, le montant des charges, les informations sur les impayés, le carnet d’entretien, les diagnostics disponibles et les travaux votés ou envisagés. Le notaire complète ensuite l’information avec l’état daté et les documents légalement requis pour la vente.
Qui paie les travaux votés avant la vente d’un appartement ?
À l’égard de la copropriété, le paiement dépend en principe de la date à laquelle l’appel de fonds est exigible. Vendeur et acheteur peuvent prévoir une autre répartition économique dans le compromis ou l’acte définitif. Il faut faire rédiger cette clause avec précision par le notaire, car l’accord entre les parties ne modifie pas toujours les droits du syndicat des copropriétaires.
Faut-il éviter tous les appartements classés F ou G ?
Pas automatiquement. Un logement mal classé peut constituer une opportunité si les travaux sont techniquement possibles, chiffrés, financés et capables d’améliorer réellement le DPE. En revanche, pour un projet locatif, il faut vérifier le calendrier légal applicable et intégrer les délais de vote en copropriété. Sans scénario de travaux crédible, le risque de vacance ou de revente est élevé.

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