En juin 2024, la baisse des taux immobiliers peut redonner de l’air à un projet d’achat, mais elle ne justifie pas de signer la première proposition reçue. Un taux nominal plus faible diminue les intérêts et, souvent, la mensualité. Il peut aussi permettre d’emprunter davantage à mensualité égale. Le bénéfice réel se mesure toutefois sur le coût global du crédit, assurance, garantie et frais de dossier compris.
Deux situations doivent être distinguées. L’acheteur qui n’a pas encore signé son offre doit mettre les banques en concurrence avec un dossier cohérent et des demandes comparables. L’emprunteur déjà engagé doit calculer l’économie nette d’une renégociation ou d’un rachat, car les pénalités et les nouveaux frais peuvent annuler une partie du gain de taux.
La baisse évoquée en juin 2024 ne signifie pas que chaque profil accède immédiatement aux mêmes conditions. Les barèmes sont ajustés banque par banque, selon la durée, l’apport, le niveau de revenus, le reste à vivre, la qualité du bien financé et la relation commerciale. Votre stratégie doit donc porter autant sur votre financement que sur le chiffre affiché dans une publicité.
Quel est le gain réel d’une baisse de taux sur votre crédit ?
Le taux agit d’autant plus que le capital emprunté et la durée sont élevés. À échéance constante, une baisse de taux réduit la mensualité. À mensualité inchangée, elle augmente au contraire le capital finançable. Dans les deux cas, ne raisonnez jamais avec le seul taux nominal : l’assurance emprunteur, calculée sur le capital initial ou le capital restant dû selon le contrat, peut peser sensiblement dans la mensualité.
L’exemple ci-dessous illustre l’effet mécanique d’une baisse de 0,5 point. Il s’agit d’un calcul indicatif pour un prêt amortissable à taux fixe, hors assurance et hors frais. Votre propre résultat dépendra du mode de calcul de l’assurance, de la durée exacte et de la date de déblocage des fonds.
| Capital et durée | Taux nominal fixe | Mensualité hors assurance | Intérêts hors assurance |
|---|---|---|---|
| 250 000 € sur 25 ans | 4,00 % | environ 1 320 € | environ 145 900 € |
| 250 000 € sur 25 ans | 3,50 % | environ 1 252 € | environ 125 600 € |
| Écart | – 0,50 point | environ – 68 € / mois | environ – 20 300 € |
Faut-il acheter tout de suite ou attendre une nouvelle baisse des taux ?
Attendre une poursuite de la baisse peut sembler rationnel, mais c’est un pari sur un marché dont ni les taux, ni les prix, ni la concurrence entre acquéreurs ne sont garantis. Un bien adapté, correctement valorisé et finançable dans votre budget reste une opportunité plus tangible qu’une prévision de taux. L’enjeu est de négocier une condition de financement réaliste et de conserver une marge de sécurité dans votre budget.
Acheter avec le taux obtenu ou différer son projet ?
Acheter maintenant
- Vous sécurisez le bien et son prix négocié.
- Vous évitez de supporter plus longtemps un loyer ou un hébergement transitoire.
- Une amélioration ultérieure des taux peut ouvrir la voie à une renégociation ou à un rachat, après calcul des frais.
- Vous devez accepter le niveau de taux et de mensualité inscrit dans l’offre.
Attendre
- Vous pouvez renforcer votre apport et assainir vos comptes.
- Vous conservez la possibilité de bénéficier de conditions futures plus favorables.
- Rien ne garantit une nouvelle baisse ni l’absence de remontée des prix.
- Le bien visé peut être vendu, et le coût d’attente doit être comparé au gain espéré.
La bonne question n’est donc pas « les taux vont-ils encore baisser ? », mais « puis-je absorber cette mensualité sans fragiliser mon budget ? ». Gardez une réserve pour les frais d’acquisition, les travaux, la taxe foncière, les charges de copropriété et les aléas de revenus. Une capacité d’emprunt maximale n’est pas nécessairement un budget soutenable.
Quels critères permettent d’obtenir un meilleur taux immobilier ?
La banque évalue avant tout le risque de non-remboursement et la rentabilité globale de la relation. Des revenus réguliers, une ancienneté professionnelle cohérente, des comptes sans incidents, une épargne résiduelle après apport et un reste à vivre crédible pèsent dans la décision. Un apport couvrant au moins les frais annexes est souvent apprécié, sans constituer une obligation légale absolue.
Le cadre du Haut Conseil de stabilité financière impose en principe un taux d’effort de 35 %, assurance comprise, et une durée de crédit qui ne dépasse pas 25 ans. Un différé peut porter la durée totale à 27 ans dans certains montages, notamment lorsque l’entrée dans les lieux est retardée. Les banques disposent d’une marge de flexibilité limitée, mais elle ne crée aucun droit individuel à déroger aux règles.
Préparez un dossier lisible : pièces d’identité, justificatifs de revenus, avis d’imposition, relevés de comptes, tableaux des crédits en cours, épargne, compromis ou projet de vente et devis de travaux s’ils existent. Pour un investissement locatif, ajoutez une estimation de loyer prudente et les éléments du bail si le logement est déjà loué. La banque ne retient pas systématiquement 100 % des loyers futurs dans ses calculs.
Comment mettre les banques en concurrence sans fausser la comparaison ?
Demandez plusieurs simulations sur une base identique : même prix d’achat, même apport, même durée, même différé éventuel et mêmes quotités d’assurance. Une offre à 3,60 % sur 20 ans n’est pas directement comparable à une autre à 3,50 % sur 25 ans. La mensualité sera différente, mais le capital remboursé, les intérêts et l’assurance le seront aussi.
Le critère de comparaison est le TAEG, ou taux annuel effectif global. Il inclut le taux débiteur ainsi que les frais nécessaires à l’obtention du crédit lorsqu’ils sont connus : frais de dossier, coût de garantie, assurance imposée et, le cas échéant, coûts d’intermédiation. Il doit rester inférieur ou égal au taux d’usure applicable à la catégorie et à la durée du prêt. Ce plafond doit être vérifié à la date de l’offre, car il évolue.
Un courtier peut solliciter plusieurs établissements et structurer le dossier, mais ses honoraires doivent être intégrés au calcul. À l’inverse, une banque qui consent un bon taux peut proposer une assurance de groupe plus chère ou demander la domiciliation des flux, une carte bancaire ou une épargne. Ces produits ne sont pas neutres : évaluez leur coût et les conditions réellement contractuelles, pas seulement la promesse commerciale.
- Exigez pour chaque proposition le capital, la durée, le taux nominal, le TAEG, la mensualité avec assurance et le coût total.
- Vérifiez la garantie retenue : caution, hypothèque ou privilège de prêteur de deniers selon le montage.
- Comparez les assurances à garanties équivalentes, notamment décès, PTIA, incapacité et invalidité.
- Négociez d’abord l’ensemble du financement, puis les services annexes dont vous avez réellement besoin.
Peut-on renégocier ou faire racheter un crédit déjà signé ?
Oui, mais une baisse de taux ne rend pas automatiquement le rachat rentable. La renégociation interne consiste à demander à votre banque d’abaisser le taux de votre contrat. Elle évite en principe le changement de garantie et une partie des formalités, mais la banque n’est pas tenue d’accepter. Le rachat externe remplace l’ancien prêt par un nouveau crédit accordé par une autre banque ; il offre un levier de concurrence, au prix de frais supplémentaires.
La comparaison doit porter sur le capital restant dû, la durée restante et le coût de sortie de l’ancien prêt. Le gain est souvent plus facile à obtenir lorsque le crédit est encore dans sa première partie, car c’est alors que les intérêts représentent la part la plus importante des échéances. À titre d’ordre de grandeur, un écart de l’ordre de 0,7 à 1 point est fréquemment recherché pour absorber les frais, mais aucun seuil universel ne remplace une simulation chiffrée.
Les indemnités de remboursement anticipé sont légalement plafonnées au plus bas de deux montants : six mois d’intérêts sur le capital remboursé au taux moyen du prêt, ou 3 % du capital restant dû. Ajoutez les frais de dossier du nouveau prêt, le coût d’une nouvelle garantie, les frais éventuels de mainlevée d’hypothèque et l’assurance. Certaines situations de vente liées à un changement professionnel, un décès ou une cessation forcée d’activité peuvent ouvrir droit à une exonération d’indemnité ; vérifiez les conditions exactes de votre contrat et de la réglementation applicable.
Quels autres leviers réduire le coût du financement ?
L’assurance emprunteur est le premier levier à examiner. Depuis la loi Lemoine, vous pouvez la substituer à tout moment, à garanties équivalentes, si le nouveau contrat est accepté. Cette opération ne modifie pas le taux nominal du prêt, mais elle peut réduire le coût total, particulièrement pour les emprunteurs jeunes, en bonne santé ou dont le contrat bancaire est tarifé sur le capital initial. Ne sacrifiez jamais les garanties incapacité et invalidité pour une économie apparente.
Pour une résidence principale éligible, le prêt à taux zéro peut aussi réduire la part du projet financée avec intérêts. En 2024, ses règles dépendent notamment de la localisation, des revenus, de la composition du foyer, du type de logement et, dans l’ancien, de la nature des travaux. Le PTZ ne remplace pas l’apport et ne finance pas tous les projets. Les conditions évoluant régulièrement, elles doivent être contrôlées au moment du montage avec la banque ou un courtier.
Quelle méthode suivre pour profiter de la baisse des taux en juin 2024 ?
La démarche en six étapes
Fixez votre mensualité de sécurité
Partez de vos revenus nets récurrents, de vos crédits en cours et de vos charges fixes. Ne mobilisez pas toute la capacité théorique autorisée par la banque.
Calculez votre enveloppe complète
Ajoutez au prix du logement les frais d’acquisition, la garantie, les frais de dossier, l’assurance, les travaux et une réserve pour les imprévus.
Préparez un dossier avant les visites décisives
Rassemblez les justificatifs et faites établir plusieurs simulations. Vous pourrez intégrer une condition suspensive de financement crédible dans votre offre d’achat.
Mettez en concurrence des offres comparables
Sollicitez votre banque, d’autres établissements et, si utile, un courtier. Comparez le TAEG, le coût d’assurance, la durée, les garanties et les clauses de remboursement.
Sécurisez l’offre de prêt
À réception, relisez capital, taux, assurance et conditions particulières. La loi impose un délai minimal de 10 jours avant de pouvoir accepter l’offre.
Réévaluez votre prêt existant avec un bilan net
Si vous êtes déjà emprunteur, demandez un décompte de remboursement anticipé et comparez l’ancien échéancier au nouveau, frais compris, avant toute décision.
Questions fréquentes sur la baisse des taux immobiliers
Les taux immobiliers vont-ils continuer à baisser après juin 2024 ?
Quelle baisse de taux faut-il pour renégocier son prêt immobilier ?
Puis-je renégocier mon crédit immobilier avec ma banque actuelle ?
Une baisse de 0,5 point représente-t-elle une vraie économie ?
Le courtier est-il gratuit pour obtenir un meilleur taux immobilier ?
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