Avril 2025 concentre plusieurs changements qui touchent directement le budget des ménages et leurs projets immobiliers. Les prestations versées par la CAF sont revalorisées, l’indemnisation du chômage est mensualisée sur 30 jours, et le plafond des indemnités journalières de maladie baisse. En parallèle, le calendrier de la déclaration des revenus 2024 s’ouvre : les bailleurs doivent y reporter leurs loyers, leurs charges et, le cas échéant, leur patrimoine taxable à l’IFI.
Pour l’immobilier, les mesures les plus structurantes sont l’extension du prêt à taux zéro dans le neuf à l’ensemble du territoire à compter du 1er avril, la possibilité donnée aux départements de relever les droits de mutation dans l’ancien, et une nouvelle exonération temporaire de dons familiaux affectés au logement. Ces règles ne produisent pas toutes le même effet : certaines sont automatiques, d’autres dépendent de votre situation ou d’une décision locale.
Quelles aides de la CAF augmentent au 1er avril 2025 ?
Les prestations familiales et sociales revalorisées chaque printemps progressent de 1,7 % au 1er avril 2025. Sont notamment concernés les allocations familiales, l’allocation de soutien familial, la prestation d’accueil du jeune enfant, le complément familial, l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé, le RSA et la prime d’activité. Cette hausse est appliquée par la CAF ou la MSA sans demande spécifique, à condition que votre dossier soit à jour.
Ne confondez pas cette revalorisation avec l’aide personnalisée au logement. L’APL ne bénéficie pas mécaniquement de cette hausse générale : son montant dépend notamment des ressources des douze derniers mois, de la composition du foyer, de la commune, du loyer plafonné et du patrimoine lorsque celui-ci dépasse le seuil réglementaire. Elle est actualisée périodiquement. Un changement d’emploi, de revenus, de séparation, de déménagement ou de loyer doit être signalé sans attendre dans votre espace CAF.
Que change la règle des 30 jours pour les demandeurs d’emploi ?
À compter du 1er avril 2025, l’allocation d’aide au retour à l’emploi est calculée sur une base de 30 jours par mois. Dans les mois de 31 jours, France Travail ne verse donc plus une trente et unième allocation journalière. Le versement devient identique d’un mois à l’autre, à allocation journalière et situation inchangées. Cette règle concerne les allocataires indemnisés selon les nouvelles dispositions de l’assurance-chômage ; votre notification de droits reste le document de référence.
La réforme modifie aussi les âges pris en compte pour certaines règles applicables aux seniors, notamment la durée maximale d’indemnisation. Les demandeurs d’emploi de 53 ou 54 ans ne relèvent plus automatiquement des anciennes règles plus favorables liées à l’âge ; les seuils sont repoussés. Si vous approchez de ces âges, contrôlez la date de fin de contrat retenue, votre durée d’affiliation et le calcul notifié par France Travail. Une erreur sur ces éléments peut modifier vos droits.
Pourquoi les indemnités d’arrêt maladie diminuent-elles pour certains salariés ?
Pour les arrêts de travail pour maladie commençant à partir du 1er avril 2025, la rémunération retenue pour calculer les indemnités journalières de l’Assurance maladie est plafonnée à 1,4 Smic, contre 1,8 Smic auparavant. Avec le Smic mensuel brut applicable au début de 2025, cela représente un plafond de l’ordre de 2 522,50 € bruts mensuels. L’indemnité journalière maladie, égale en principe à 50 % du salaire journalier de base, est ainsi plafonnée autour de 41,47 € bruts par jour.
L’effet est nul ou limité pour les salaires sous ce plafond ; il devient sensible pour les salariés rémunérés au-delà. Le maintien de salaire légal, une convention collective, un régime de prévoyance ou une garantie employeur peuvent compenser une partie de l’écart. Vérifiez votre bulletin de paie, votre convention collective et les garanties de votre complémentaire. Cette baisse vise les arrêts maladie ordinaires : les régimes des accidents du travail, maladies professionnelles ou congés maternité obéissent à leurs propres règles.
Comment déclarer ses revenus 2024 et ses loyers au printemps 2025 ?
La campagne de déclaration des revenus 2024 débute le 10 avril 2025. Les dates limites diffèrent selon votre mode de dépôt et votre département de résidence. Elles doivent toujours être revérifiées sur impots.gouv.fr, car le calendrier et les obligations déclaratives peuvent évoluer. Pour un propriétaire bailleur, l’enjeu est de choisir le bon régime et de conserver les justificatifs : baux, relevés de loyers, factures de travaux, appels de charges, intérêts d’emprunt et taxe foncière.
| Canal ou situation | Échéance annoncée | Personnes concernées | Point immobilier à contrôler |
|---|---|---|---|
| Déclaration papier | 20 mai 2025 | Contribuables autorisés à l’utiliser | Loyers, charges, déficit foncier |
| En ligne, départements 1 à 19 | 22 mai 2025 | Résidents concernés et non-résidents | Formulaires 2044 ou BIC selon le bail |
| En ligne, départements 20 à 54 | 28 mai 2025 | Résidents concernés | Revenus encaissés en 2024 |
| En ligne, départements 55 à 976 | 5 juin 2025 | Résidents concernés | IFI et biens détenus, si applicable |
| Occupation des biens | 30 juin 2025 | Propriétaires ayant un changement | Nouveau locataire, vacance, vente ou usage |
En location nue, le micro-foncier est ouvert lorsque le total des revenus fonciers bruts du foyer ne dépasse pas 15 000 € et que vous n’êtes pas exclu du dispositif. Il applique un abattement forfaitaire de 30 %. Au régime réel, vous déduisez les charges effectivement supportées : intérêts de prêt, assurance, travaux d’entretien ou d’amélioration, frais de gestion, taxe foncière, certaines provisions de copropriété. Un déficit foncier hors intérêts d’emprunt peut, sous conditions, s’imputer sur le revenu global dans la limite annuelle de 10 700 €, le surplus étant reportable. La location meublée relève, elle, des bénéfices industriels et commerciaux, avec des règles distinctes.
Micro-foncier ou régime réel : quel régime pour une location nue ?
Micro-foncier
- Accessible sous 15 000 € de recettes foncières brutes, sous réserves.
- Abattement automatique de 30 % sur les loyers déclarés.
- Pas de déduction au réel des intérêts, travaux ou frais.
- Option pertinente si vos charges sont durablement inférieures à 30 %.
Régime réel
- Déduction des charges justifiées et des intérêts d’emprunt.
- Souvent adapté après acquisition, travaux ou avec un crédit important.
- Déficit foncier possible selon la nature des dépenses.
- Option généralement valable trois ans : simulez avant de choisir.
L’IFI se déclare en même temps que les revenus lorsque la valeur nette taxable de votre patrimoine immobilier excède 1,3 million d’euros au 1er janvier 2025. La résidence principale bénéficie en principe d’un abattement de 30 %. Les biens locatifs, résidences secondaires, parts de sociétés à prépondérance immobilière et certains droits immobiliers doivent être intégrés, tandis que les dettes déductibles sont encadrées. Une valorisation étayée et l’analyse des emprunts sont indispensables.
Comment le prêt à taux zéro évolue-t-il pour acheter dans le neuf ?
Le PTZ est élargi à partir du 1er avril 2025 aux logements neufs sur l’ensemble du territoire, et non plus seulement dans certaines zones tendues pour les appartements. La mesure est prévue jusqu’au 31 décembre 2027. Elle concerne les opérations neuves, y compris l’achat sur plan en VEFA, destinées à devenir la résidence principale de l’acquéreur. Elle ne transforme pas le PTZ en prêt intégral : il complète un crédit immobilier principal et ne finance qu’une fraction du coût de l’opération.
Le montant dépend de la zone, de la taille du ménage, de ses revenus fiscaux de référence, du coût retenu de l’opération et du type de logement. Dans le neuf, la quotité finançable peut atteindre 20 % à 50 % pour un logement collectif et 10 % à 30 % pour une maison individuelle, selon les tranches de ressources. Les plafonds de ressources et de coût restent donc déterminants. En règle générale, vous ne devez pas avoir été propriétaire de votre résidence principale au cours des deux années précédentes, sauf exceptions réglementaires.
L’ancien avec travaux reste éligible au PTZ sous un régime distinct, en zones B2 et C, avec des travaux représentant au moins 25 % du coût total de l’opération. Ne vous fiez pas au seul argument commercial du vendeur ou du promoteur : le prêteur vérifie l’éligibilité et conserve le pouvoir d’accepter ou non votre financement. Demandez une simulation incluant assurance, apport, frais d’acquisition, délai de différé et mensualité à l’issue de ce différé.
Les frais d’achat dans l’ancien peuvent-ils augmenter en avril ?
La loi de finances pour 2025 autorise les départements à relever temporairement leur taux de droits de mutation à titre onéreux de 0,5 point. Dans les départements qui votent cette hausse, la part départementale peut passer de 4,5 % à 5 % du prix de vente dans l’ancien. Ces droits constituent l’essentiel de ce que l’on appelle improprement les frais de notaire, auxquels s’ajoutent émoluments, débours et contribution de sécurité immobilière. La hausse n’est ni nationale ni automatique : elle dépend d’une délibération locale et de sa date d’entrée en vigueur.
Les primo-accédants achetant leur première résidence principale sont, en principe, exclus de cette majoration. Le statut précis et les modalités retenues doivent toutefois être confirmés auprès du notaire chargé de l’acte, particulièrement en cas d’indivision, de donation préalable ou de revente rapide. Pour un achat ancien, demandez une estimation des frais sur la base du département du bien, pas de votre lieu de résidence.
Autre levier à connaître : les dons d’argent consentis entre le 15 février 2025 et le 31 décembre 2026 peuvent être exonérés de droits, dans la limite de 100 000 € par donateur et de 300 000 € par bénéficiaire. Les fonds doivent être employés dans les six mois pour acheter ou construire un logement neuf, ou financer certains travaux de rénovation énergétique, et le logement doit respecter une condition de résidence principale pendant cinq ans. Cette exonération s’ajoute, sous conditions, aux abattements de droit commun ; elle doit être déclarée.
Quelles vérifications faire avant d’agir en avril 2025 ?
La méthode en cinq contrôles
Actualisez votre dossier CAF
Déclarez sans délai les changements de revenus, de foyer ou de logement et comparez votre droit théorique avec le montant versé.
Relisez vos notifications sociales
Pour le chômage ou un arrêt de travail, contrôlez la date de départ, le salaire de référence, le nombre de jours et les compléments employeur.
Préparez votre déclaration fiscale
Classez les justificatifs de loyers et de charges 2024 ; simulez micro-foncier et réel avant toute option.
Chiffrez l’achat tout compris
Pour un bien ancien, faites calculer les droits de mutation du département ; pour le neuf, testez l’éligibilité au PTZ auprès de la banque.
Formalisez les aides familiales
Un don destiné au logement doit être traçable, déclaré et employé dans les délais : évitez les remises d’espèces non documentées.
Questions fréquentes
Est-ce que les APL augmentent de 1,7 % en avril 2025 ?
Pourquoi mon allocation chômage sera-t-elle différente en avril ?
Quel est le nouveau plafond des indemnités journalières maladie ?
Dois-je déclarer mes revenus locatifs même si je suis au micro-foncier ?
Le PTZ est-il de nouveau disponible pour une maison neuve partout en France ?
Les frais de notaire augmentent-ils partout en 2025 ?
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