Le réseau .fm
Immobilier.fm La fréquence
de l'immobilier
Fiscalité de l'immobilier

Après la Loi Scellier, le dispositif Duflot

Mis en place pour les investissements réalisés de 2013 à l’été 2014, le dispositif Duflot a remplacé le Scellier par une réduction d’impôt de 18 %, en contrepartie de loyers, de ressources et d’une localisation plus strictement encadrés.

Investisseur examinant un dossier de location devant un immeuble résidentiel neuf en zone urbaine française.
Investisseur examinant un dossier de location devant un immeuble résidentiel neuf en zone urbaine française.

Le dispositif Duflot a pris le relais du Scellier pour les investissements locatifs réalisés à compter de 2013. Son principe était simple : l’État accordait une réduction d’impôt à l’acheteur d’un logement neuf ou assimilé, à condition que ce logement soit loué à un niveau inférieur au marché et à des ménages dont les revenus ne dépassaient pas certains plafonds.

Le régime a concerné les acquisitions réalisées entre le 1er janvier 2013 et le 31 août 2014. Il a ensuite été remplacé par le dispositif Pinel. Il n’est donc plus possible de réaliser aujourd’hui un nouvel investissement Duflot. En revanche, les propriétaires d’un bien acquis sous ce régime doivent encore, selon la date de leur achat, respecter leurs engagements de location ou en mesurer les conséquences fiscales.

Par rapport au Scellier, le changement ne portait pas seulement sur le taux de réduction. Le Duflot a resserré le zonage, imposé des plafonds de ressources pour tous les locataires et interdit la location à un ascendant ou à un descendant du propriétaire. L’avantage fiscal devenait la contrepartie d’un véritable investissement locatif intermédiaire.

Que remplaçait exactement le dispositif Duflot après le Scellier ?

Le Scellier, applicable aux investissements réalisés de 2009 à 2012, avait soutenu la construction de logements neufs par une réduction d’impôt. Il reposait déjà sur un engagement de location et des plafonds de loyers, mais ses paramètres avaient beaucoup évolué selon l’année d’acquisition, le niveau de performance énergétique et, pour certaines versions, le caractère social ou intermédiaire de la location.

Le Duflot a voulu corriger deux travers fréquemment associés aux programmes défiscalisants : la construction dans des secteurs où la demande locative était faible et des loyers peu accessibles aux ménages locaux. Il a donc privilégié les zones considérées comme tendues, abaissé les loyers autorisés par rapport aux loyers de marché et généralisé le contrôle des revenus des locataires.

Scellier et Duflot : les différences structurantes

Scellier

Investissements réalisés jusqu’en 2012
  • Réduction d’impôt dont le taux variait selon l’année et le logement.
  • Plafonds de loyers, avec des règles de ressources surtout dans les variantes intermédiaires ou sociales.
  • Cadre de zonage moins resserré selon les périodes.
  • Location familiale possible dans certains cas, selon le régime retenu.

Duflot

Investissements réalisés de 2013 à l’été 2014
  • Réduction de 18 % en métropole, répartie sur neuf ans.
  • Plafonds de loyers et de ressources applicables au régime de droit commun.
  • Zonage centré sur les secteurs à forte demande locative.
  • Location à un ascendant ou un descendant interdite.

Quelles étaient les conditions pour bénéficier de la réduction Duflot ?

L’avantage était réservé à l’acquisition ou à la construction d’un logement neuf, en état futur d’achèvement — une VEFA — ou, dans certains cas, d’un logement ancien réhabilité ou d’un local transformé en habitation. Le bien devait satisfaire les exigences de performance énergétique applicables à l’époque, notamment le niveau BBC 2005 ou la réglementation thermique RT 2012 selon sa date et sa nature.

Le propriétaire devait louer le logement nu, à usage de résidence principale du locataire, pendant neuf ans. Le bail devait prendre effet dans les douze mois suivant l’acquisition si le logement était achevé, ou suivant son achèvement dans le cas d’une VEFA ou d’une construction. Une location meublée, saisonnière, à usage de résidence secondaire ou laissée vacante trop longtemps ne répondait pas à l’engagement.

Le logement devait aussi se situer dans une zone éligible. Les zones A bis, A et B1 concentraient l’essentiel du dispositif. La zone B2 pouvait être admise sous conditions d’agrément local ; les communes de zone C étaient, en pratique, écartées. Ce filtrage géographique ne dispensait jamais d’étudier le quartier, le niveau réel des loyers et la profondeur de la demande : un zonage fiscal n’est pas une garantie de relocation.

Enfin, le loyer devait rester sous un plafond fixé par zone et actualisé périodiquement, après application d’un coefficient tenant compte de la surface du logement. Les ressources du locataire étaient elles aussi plafonnées, généralement au regard du revenu fiscal de référence du foyer selon les règles fiscales applicables. Ces montants dépendaient de la zone et de la composition du foyer : ils devaient être vérifiés pour l’année de signature du bail.

Comment se calculait la réduction d’impôt Duflot de 18 % ?

En métropole, la réduction représentait 18 % du prix de revient retenu, répartis de manière linéaire sur neuf ans. L’assiette était plafonnée à 300 000 € et à 5 500 € par mètre carré de surface habitable. Le calcul retenait donc le montant le plus contraignant des plafonds applicables au logement et à l’opération, conformément aux règles fiscales en vigueur à la date de l’investissement.

Pour une assiette fiscale de 250 000 €, l’avantage total théorique s’élevait à 45 000 €, soit 5 000 € par an pendant neuf ans. Pour une assiette atteignant le plafond de 300 000 €, la réduction pouvait atteindre 54 000 € au total, soit 6 000 € par an. L’économie fiscale ne constituait pas un remboursement du prix du logement : elle venait réduire l’impôt sur le revenu dû chaque année.

Exemples indicatifs de calcul de la réduction Duflot en métropole
Prix retenuTauxRéduction totaleRéduction annuelleDurée
180 000 €18 %32 400 €3 600 €9 ans
250 000 €18 %45 000 €5 000 €9 ans
300 000 €18 %54 000 €6 000 €9 ans
360 000 €18 % sur 300 000 €54 000 €6 000 €9 ans

Le dispositif entrait dans le plafonnement global des avantages fiscaux, fixé à 10 000 € par an pour les investissements métropolitains de cette période. Il fallait également avoir assez d’impôt sur le revenu à acquitter pour absorber la fraction annuelle de réduction : contrairement à certains mécanismes de déficit foncier, la fraction non imputée n’était pas conçue pour devenir un crédit d’impôt remboursable. Les règles exactes de report éventuel doivent être contrôlées au regard de l’année concernée.

Pourquoi le Duflot était-il plus contraignant que le Scellier ?

Le Duflot assumait un ciblage plus social. Sous le Scellier classique, le niveau de ressources du locataire n’était pas systématiquement au cœur du dispositif ; avec le Duflot, il devenait une condition de droit commun. Le propriétaire devait demander les justificatifs nécessaires avant la signature du bail et conserver les éléments démontrant que le ménage était éligible.

Le plafonnement du loyer réduisait aussi la capacité à louer au prix maximal de marché. Dans un quartier où l’écart entre le plafond Duflot et le loyer de marché était limité, l’effort était supportable. Dans un secteur où le programme neuf était vendu cher mais où les loyers réels étaient faibles, la réduction fiscale pouvait masquer une rentabilité locative insuffisante. C’est le prix d’achat, et non le seul taux de défiscalisation, qui déterminait le risque patrimonial.

Comment sécuriser un logement Duflot encore sous engagement ?

Pour les derniers investissements Duflot, l’engagement de neuf ans est normalement arrivé à son terme. Mais un dossier peut encore nécessiter une vérification en cas de location tardive, de changement de propriétaire, de contrôle fiscal, de déclaration rectificative ou de revente intervenue avant le terme. Les documents doivent permettre de reconstituer la chronologie et la conformité de chaque location.

La vérification à mener sur un ancien investissement Duflot

  1. Retrouvez l’acte et la déclaration initiale

    Identifiez la date d’acquisition, la date d’achèvement, le prix de revient déclaré, la date de première location et le point de départ exact de l’engagement.

  2. Contrôlez les baux successifs

    Vérifiez la location nue, l’usage de résidence principale, l’absence de lien familial prohibé et le respect du délai de mise en location.

  3. Reprenez les plafonds de l’année du bail

    Comparez le loyer et les ressources du locataire aux plafonds applicables à la zone, à la surface et à la composition du foyer cette année-là.

  4. Examinez chaque incident locatif

    Vacance, impayé, congé, changement de locataire ou travaux peuvent être admis dans certains cas, mais doivent être justifiés et traités selon les règles de l’époque.

  5. Préparez la sortie du régime

    Après les neuf ans, décidez de conserver, louer librement, meublé si le marché et la fiscalité le justifient, ou revendre, en intégrant la plus-value et le crédit restant.

La rupture anticipée de l’engagement entraînait en principe la reprise de la réduction d’impôt obtenue. Certaines situations pouvaient toutefois éviter cette remise en cause, notamment le décès, l’invalidité ou le licenciement du contribuable, selon les textes applicables. Une vente, un changement d’usage ou une location non conforme ne doivent donc jamais être décidés sans relire l’engagement fiscal et, si nécessaire, consulter un notaire, un expert-comptable ou un conseiller fiscal.

Que faire après les neuf ans de location Duflot ?

À l’issue de l’engagement, le propriétaire retrouve une liberté de principe sur le loyer, le type de location et la cession du bien, sous réserve des règles générales : encadrement des loyers dans les villes concernées, décence, DPE, règles locales de location meublée et obligations du bailleur. Il n’existe plus d’obligation Duflot de maintenir le loyer sous plafond ou de sélectionner un locataire selon ses ressources.

Conserver le logement en location nue convient si le loyer de marché, les charges de copropriété et l’imposition foncière procurent un rendement cohérent. Le passage au meublé peut modifier les revenus, la gestion et la fiscalité, notamment sous le statut LMNP, mais il impose un équipement complet et ne doit pas être réduit à une optimisation fiscale. La revente doit être arbitrée avec la valeur réelle du bien, la concurrence des programmes récents, le capital restant dû et la fiscalité de la plus-value.

Quels dispositifs regarder aujourd’hui à la place du Duflot ?

Le Duflot puis le Pinel relevaient d’une logique de soutien au logement neuf par réduction d’impôt. Le Pinel n’accepte plus de nouveaux investissements depuis la fin de l’année 2024 en métropole. Pour un projet actuel, il faut donc partir de l’objectif réel — percevoir des revenus, réduire l’impôt, rénover un bien, préparer une revente ou loger un proche — avant de chercher un régime.

Dans l’ancien, le déficit foncier peut intéresser un bailleur imposé qui finance des travaux déductibles sur une location nue. Le Denormandie peut, sous conditions et jusqu’à la date d’extinction à vérifier, soutenir la rénovation dans certaines communes. La location meublée relève d’une logique différente, avec des recettes BIC et des obligations d’exploitation. Aucun de ces choix ne remplace mécaniquement le Duflot : le bien, le financement, le niveau d’imposition et l’horizon de détention doivent être examinés ensemble.

Questions fréquentes sur le dispositif Duflot

Peut-on encore investir avec le dispositif Duflot ?
Non. Le Duflot concernait les investissements réalisés entre le 1er janvier 2013 et le 31 août 2014. Il a été remplacé par le Pinel, lui-même fermé aux nouvelles souscriptions depuis la fin de 2024 en métropole. Un projet d’investissement actuel doit être étudié avec les dispositifs encore ouverts à la date de signature.
Quelle était la différence principale entre Duflot et Scellier ?
Le Duflot imposait plus systématiquement un loyer plafonné, un plafond de ressources du locataire et l’interdiction de louer à ses ascendants ou descendants. Le Scellier offrait un cadre plus variable selon les années et les versions du régime. Le Duflot a aussi renforcé le ciblage des zones où la demande locative était jugée forte.
Quelle réduction d’impôt donnait le Duflot ?
En métropole, la réduction représentait 18 % du prix de revient retenu, répartie sur neuf ans. L’assiette était plafonnée à 300 000 € et à 5 500 € par mètre carré. Au plafond de 300 000 €, l’avantage total atteignait donc 54 000 €, soit 6 000 € par an en théorie, sous réserve de l’impôt dû et du plafonnement des niches fiscales.
Peut-on vendre un appartement Duflot avant la fin des neuf ans ?
Une vente avant le terme de l’engagement entraînait en principe la reprise de la réduction d’impôt obtenue. Des exceptions existaient pour certains événements graves, tels que le décès, l’invalidité ou le licenciement, selon les règles applicables. Avant toute vente, vérifiez la date exacte de début d’engagement et faites analyser votre dossier fiscal.
Que devient le loyer après la fin de l’engagement Duflot ?
Une fois les neuf années terminées, le plafond de loyer Duflot ne s’applique plus. Vous pouvez fixer le loyer selon le marché et les règles générales applicables, notamment l’encadrement des loyers lorsqu’il existe localement. Le logement doit naturellement continuer à respecter les obligations de décence et de performance énergétique en vigueur.

À lire ensuite

Fiscalité de l'immobilier
L'infolettre

Le marché immobilier, décrypté chaque semaine

Une sélection courte : ce qui bouge sur les prix et les taux, les échéances réglementaires à ne pas manquer, et l'analyse qui vaut le détour.

Gratuit, un envoi par semaine, désinscription en un clic. Votre adresse ne sert qu'à cet envoi.